Festival Premiers Plans 2021 – Mia misses her revenge

Lors d’une dispute causée par sa jalousie, Téo gifle Mia. Elle se réfugie chez sa mère et songe à prendre sa revanche en tournant une sex-tape avec un autre homme…

Bogdan Theodor Olteanu a connu bien des professions avant de devenir réalisateur. Particulièrement intéressé par l’évolution des mœurs des nouvelles générations dans les Balkans, le cinéaste roumain s’attache ici à suivre une jeune femme, Mia, qui traverse une crise personnelle qui va l’obliger à se confronter à des sujets capitaux comme son rapport aux hommes, les limites à définir dans un couple, mais aussi envers son propre corps.

Le film alterne les plans en seize-neuvième et quatre-tiers, selon que ce que l’on voit soit filmé ou non par Mia. Le passage à un format plus proche du carré correspond à l’usage que la jeune femme fait de son appareil photo, utilisé comme une caméra pour immortaliser des moments du quotidien avec ses copines, ou pour son nouveau projet de vengeance.

S’il semble d’abord très elliptique dans son scénario, le long-métrage révèle peu à peu un montage alterné qui intercale différents moments de l’intrigue. Ainsi, la conversation avec sa mère au petit déjeuner revient à plusieurs reprises, entrecoupée par des scènes de groupe de filles, des moments liés à son activité d’actrice, des tentatives de tourner la fameuse vidéo, mais aussi des plans face caméra où Mia exprime ses sentiments quant à sa rupture avec Téo.

Esthétiquement, le montage a quelque chose de brouillon, semblant associer plusieurs prises d’une même scène sans se soucier de produire un raccord net. Cela donne certes une impression de vie prise sur le vif mais peut aussi sortir les spectateurs/trices de l’histoire.

Sur le fond, en revanche, le métrage est assez dense. À partir d’une dispute conjugale qui donne lieu à un geste de violence, le personnage féminin en vient à interroger toutes ses relations : avec sa mère, qui lui dit que toutes les baffes ne se valent pas et qu’il faut relativiser, avec ses amies qui la trouvent prude et se moquent de ce qui ne leur semble pas d’une grande importance, avec les hommes, prompts à vouloir coucher avec elle mais déstabilisés par sa volonté de filmer et son attitude affirmée. Avec elle-même également : pourquoi se sent-elle plus libre sans Téo ? Pourquoi alors ressent-elle de la culpabilité à désirer d’autres hommes ? Pourquoi n’est-ce pas si simple de le quitter alors qu’il l’a frappée ?

À travers le parcours de Mia, dont le plan comporte quelques accrocs, le cinéaste met en scène une jeunesse qui tente de trouver sa voie entre une société patriarcale qui a bien inculqué aux femmes qu’elles devaient utiliser leurs corps pour plaire aux hommes et subir les caprices de ceux-ci en tentant d’en tirer avantage, et une vision plus moderne, tentant de conjuguer estime de soi, liberté sexuelle et relations aux autres. Dans le rôle de la jeune femme à la croisée des chemins, Ioana Bugarin est convaincante et charismatique.

 

 

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