« Alien, le huitième passager », le monstre à l’intérieur

De retour d’une expédition marchande, l’équipage du Nostromo est réveillé à 10 mois de son arrivée sur Terre par un message suspect. Tenus par contrat de vérifier sa provenance, les équipiers se posent sur une planète d’où semble émaner le SOS…

Énorme succès au box-office mondial ayant donné lieu à trois suites et initié le genre de la science-fiction horrifique, Alien est au départ un vrai pari. Celui de confier cet énorme projet à un producteur novice, Walter Hill (qui a participé à l’écriture du scénario), à un réalisateur émergent (Ridley Scott n’a alors à son actif que Les Duellistes), et de faire porter le personnage principal par une actrice quasi inconnue (Sigourney Weaver).

Le résultat est un bijou qui a extraordinairement bien vieilli pour une production de 1979. Le décor du Nostromo, construit en studio et réalisé en maquette géante pour les plans extérieurs, est très réaliste et confère une sensation d’enfermement fort utile pour contribuer à la tension qui nous étreint dès lors que les personnages savent que la menace est dans les murs. La mise en scène très maline de Ridley Scott sait tirer le meilleur parti des recoins sombres, des couloirs tortueux, des sas qui s’ouvrent et se ferment sur commande. La caméra mobile suit les regards apeurés des membres de l’équipage qui guettent la menace, mais ne parviennent jamais à déjouer la rapidité de l’Alien, étrange créature aux capacités supérieures.

La créature, visible sous plusieurs formes à mesure de sa croissance (finalement cet Alien n’a-t-il pas créé le concept de créature évolutive qu’on retrouve dans de nombreux jeux et animes ?) est créée par l’artiste suisse H.R. Giger, qui la travaille d’une façon très organique, collant à la plasticine des ossements sur des pièces mécaniques, inventant un genre artistique qu’il nomme « biomécanique », assemblant des morceaux de fruits de mer pour donner l’aspect des viscères de l’être vivant. Le résultat est d’autant plus terrifiant que, si la larve est montrée de près, la créature adulte apparaît partiellement et dans l’ombre, ce qui laisse planer le doute sur sa taille réelle et génère l’angoisse à chaque reflet qui pourrait révéler sa présence.

Très stressant, le film s’appuie sur une mécanique qui fait disparaître les personnages tour à tour, avec des variations sur les moyens du trépas (le pire restant tout de même le premier) mais innove dans l’ordre des décès. Le scénario s’offre également un twist autour d’un personnage recelant un secret inattendu, ce qui permet d’ajouter à l’horreur dans une scène de combat assez répugnante.

Avec son atmosphère soignée, son écriture rondement menée et sa réalisation efficace, mais aussi son audace, le film avait tous les ingrédients pour devenir culte. Il propulse la carrière de son équipe, en particulier de Sigourney Weaver, qui dès lors incarne avec Ripley le mythe de la femme forte, déterminée, courageuse mais aussi empathique (elle tente toujours de sauver le chat !).

3 commentaires sur “« Alien, le huitième passager », le monstre à l’intérieur

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  1. Le coup génial a été de réunir quelques génies, le Suisse Giger donc, mais aussi Ron Cobb pour le vaisseau. En plus, Scott a pu prendre le temps nécessaire pour peaufiner le décor qui est le neuvième invité de cette production.

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