« Garçon chiffon » : maman pourquoi tu m’as fait j’suis jaloux

Jérémie est fou amoureux d’Albert, mais maladivement jaloux. Sa carrière de comédien est en dents de scie, il décide donc d’aller quelques jours chez sa mère dans le Limousin pour préparer sa prochaine audition…

J’attendais avec impatience de découvrir les débuts en tant que réalisateur de Nicolas Maury, le génial Hervé de la non moins géniale série Dix pour cent. Avec Garçon chiffon, une expression permettant de définir le personnage principal du film comme un type (un « caractère » façon La Bruyère), il livre une œuvre personnelle – mais pas autobiographique, il tient à la précision. C’est un film débordant de la sensibilité exacerbée de son protagoniste qui nous entraîne, dans Paris et dans la campagne du plateau des Millevaches, dans une quête de soi et d’un apaisement du maelström émotionnel. Si à première vue le thème premier du film semble être la jalousie (dans le couple, mais également vis-à-vis de ses proches, comme sa mère à laquelle il semble reprocher son lien avec son employé et ami Kévin), on comprend petit-à-petit qu’il n’y a pas que ce trait de caractère qui définisse le « garçon chiffon ». Celui-ci est passionné, torturé, mélancolique, doute beaucoup de lui et de l’affection qu’on pourrait lui porter, c’est pourquoi sa mère a la brillante idée de le doter d’un compagnon à quatre pattes capable de lui apporter un amour inconditionnel et durable (et d’apporter au film une dose de mignonnerie supplémentaire). La première moitié du métrage est marquée, en dépit d’un humour bien présent, par la souffrance de Jérémie, et celle qu’il occasionne, notamment auprès d’Albert (quel plaisir d’enfin revoir Arnaud Valois à l’écran après 120 battements par minute !). Il faut dire que le jeune homme s’entoure de personnalités aussi compliquées et fragiles que la sienne, à l’instar de son amie réalisatrice Sylvie (Laure Calamy, dans une scène de hurlements et de surjeu volontaire assez dingue mais épuisante). C’est en retournant sur les lieux de son enfance, en retrouvant l’affection maternelle (Nathalie Baye est très émouvante en mère inquiète), en réglant les comptes du passé, que Jérémie se rend disponible aux jolies choses que la vie pourrait lui offrir. Cette deuxième partie est beaucoup plus tendre et douce, presque mystique parfois, avec des scènes à la fois absurdes, cocasses, poétiques et profondes (la rencontre avec les religieuses, la conversation au bord de la piscine). Si la fin n’est pas forcément ce qui m’a le plus convaincue, l’ensemble du film m’a tout de même charmée par la beauté de certaines scènes, l’attachement que le film réussit à créer pour ce personnage plein de défauts mais grandi par la puissance de ses sentiments.

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