« Louise-Michel », haro sur le patron

Lorsque leur usine est brutalement délocalisée, Louise convainc ses collègues de payer un tueur à gages pour liquider le patron qui a décidé la fermeture. Elles embauchent Michel…

Je n’avais jamais entendu parler de ce film du tandem Delépine-Kervern, et c’est un mystère tant il avait de quoi m’intriguer ! Le début de l’histoire m’a fait penser à mon très cher Sur quel pied danser : tout en brossant ses ouvrières dans le sens du poil, un patron prépare la délocalisation de son usine. Moi qui adore les films sur le monde du travail, j’étais pile dans ma zone de confort cinématographique avec cette entrée en matière.

Mais parmi les ouvrières se cache une personnalité un peu particulière : Louise n’aime pas boire ni s’amuser avec ses collègues, mais quand il s’agit de se venger du patron qui les a mises au chômage avec des indemnités ridicules, on peut compter sur elle pour tout organiser ! Yolande Moreau déploie son talent avec ce personnage en apparence moins farfelu que certains de ses rôles, car Louise est assez taciturne. Mais quand elle perd le contrôle, ce n’en est que plus jubilatoire (la scène où elle regarde un programme télé pour enfants est hilarante). Il faut dire que Louise a plusieurs secrets à garder, à la fois concernant son identité et son passé. C’est d’ailleurs ce qui la relie, sans qu’elle le sache, à Michel, le tueur à gages qu’elle embauche. Le tandem qu’elle forme avec Bouli Lanners est un régal : alors que le type se vante de tous ses exploits, y compris les plus invraisemblables, il n’aboutit à rien sans l’aide de Louise, en fait bien plus qualifiée pour le job. Les pérégrinations de ce duo ont leur lot d’humour (souvent noir) et de tendresse, et prennent un tournant inattendu lors des révélations sur leurs identités respectives.

À son sujet sur les délocalisations forcées, les paradis fiscaux, les montages complexes des entreprises qui rendent d’autant plus difficile la confrontation des responsables et donnent l’occasion de retrouver le côté road movie (somme toute une version plus fun des thématiques de En guerre), le film ajoute une réflexion sur le genre au travail, qui n’est pas très poussée mais permet de lancer quelques pistes (est-il plus facile de trouver à s’embaucher en tant qu’homme ou que femme ?) et d’offrir une chute assez réussie.

En dépit du côté morbide de la situation, accentué par la présence de personnages en fin de vie (notamment Jennifer, première apparition chez les réalisateurs de Miss Ming, qu’on retrouve également dans Mammuth, Le Grand soir et Effacer l’historique), c’est l’un des films du duo que j’ai trouvé le plus drôle, probablement en partie parce que dans celui-ci les laissés-pour-compte réussissent à prendre le dessus sur leurs oppresseurs et sur leur destin, d’une certaine façon. La bande-son contribue également à une humeur plus amusée avec des titres sautillants et la prestation de Philippe Katerine sur Jésus-Christ mon amour. Une vraie bonne surprise !

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