« Jackie », une Kennedy dans la tourmente

jackieLe 22 novembre 1963, John F. Kennedy est assassiné au Texas, dans une voiture décapotable. Aux premières loges, son épouse Jackie prend en main l’organisation des funérailles…

Je n’aime pas les biopics en général malgré l’exception On the basis of sex en 2019, et je n’avais donc pas spécialement repéré Jackie, si ce n’est que j’avais entendu beaucoup de bien de la direction d’acteurs/trices et de l’esthétique du film. J’ai donc décidé de lui laisser sa chance, aussi pour voir ce que Natalie Portman faisait de ce rôle.

Je suis un peu perplexe sur les choix de casting, je trouve qu’aucun(e) des acteurs/trices ne ressemble vraiment aux personnes incarnées, et j’ai été un peu déboussolée par la prestation de Natalie Portman : on ne dirait pas qu’elle joue la même personne selon les différentes scènes du film, sa façon de parler, qui imite visiblement celle de son modèle dans les scènes du tournage du reportage à la Maison Blanche, est très différente lors de l’interview avec le journaliste après la mort de John Kennedy. Je veux bien croire que les événements aient fait évoluer la Première Dame, qu’elle s’exprime notamment avec plus de franchise et d’assurance, mais j’ai trouvé que la prononciation et l’articulation étaient vraiment différentes et cela m’a paru un peu bizarre.

Il y a pourtant des choses très réussies dans cette incarnation d’un symbole d’une époque : les tenues, les décors, les scènes où l’on voit Jackie seule dans la maison vide, errant de pièce en pièce, changeant de robe, déposant des verres d’alcool dans toutes les pièces. Le sentiment d’isolement, malgré la présence de son amie et secrétaire Nancy (Greta Gerwig, quasi méconnaissable), est restitué de façon assez poignante.

J’ai aimé aussi le montage qui alterne le présent, les souvenirs, les moments de joie et de chagrin vécus dans les mêmes lieux, les échos d’une conversation à l’autre. Le travail de l’image est assez intéressant avec un aspect vieilli comme si on découvrait des images d’archive, et des scènes en noir et blanc. On sent une volonté de « faire vrai » qui s’exprime beaucoup plus dans la technique que dans le jeu en réalité. Finalement c’est la direction d’acteurs/trices de Pablo Larraín qui m’a le moins convaincue dans le film, auquel je reprocherais volontiers également quelques longueurs dans les conversations avec Bobby (Peter Sarsgaard) autour des funérailles.

Très classique dans le fond en dépit de son montage assez moderne, le film ne m’a pas spécialement émue ni enthousiasmée, car j’ai trouvé qu’on n’accédait pas tellement aux émotions intimes des personnages, hormis dans la scène avec le prêtre (John Hurt, très bien dans ce rôle). La fin avec la multiplication de références à la comédie musicale Camelot, apparemment aimée du Président, est assez curieuse, d’un romantisme sirupeux qui sied assez mal au sujet et lui confère un côté propagande pro-Kennedy.

4 commentaires sur “« Jackie », une Kennedy dans la tourmente

Ajouter un commentaire

  1. Je l’ai loupe à sa sortie moi qui aime en général beaucoup les biopics mais je ne me suis pas précipitée pour le voir non plus un petit quelque chose m’a retenue je crois…

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Propulsé par WordPress.com.

Retour en haut ↑

%d blogueurs aiment cette page :