« Just kids », « on se prend la main comme des enfants »

affiche-film-just-kidsÀ la mort de leur père, Jack, Lisa et Mathis, déjà orphelins de mère, se retrouvent seuls. Lisa décide d’aller vivre dans le Sud et Jack devient le tuteur de son petit frère de 10 ans…

J’aimais bien l’affiche évoquant un vent de liberté de ce film, et aussi l’idée de voir évoluer à l’écran Kacey Mottet Klein et Anamaria Vartolomei, repérés dans Keeper et Continuer pour l’un et dans La bonne épouse pour l’autre. De même que j’apprécie particulièrement les premiers films et les premiers romans, j’aime bien découvrir de jeunes talents et les voir évoluer à la lisière entre la fin de l’adolescence et le début de l’âge adulte, à un moment où l’allure et l’aura s’affinent et s’affirment.

Le film de Christophe Blanc s’installe à une curieuse charnière, entre Amanda et Gueule d’ange. Bien sûr, il y a la violence du deuil qui secoue la fratrie, la mort violente qui laisse un vide qui transparaît dans les quelques photos de leurs parents qui leur restent, un téléphone à l’écran brisé et des souvenirs qui finissent par se muer en cauchemars. Mais la situation est particulière pour Mathis, qui se retrouve à la charge de son grand frère Jack, 19 ans. Par moments, dans la grâce de la complicité entre l’enfant et le jeune adulte, j’ai retrouvé un peu de l’infinie douceur du film de Mickaël Hers. Mais dans l’ensemble, la tonalité du film est plus proche de celle qu’on entrevoyait chez Vanessa Filho, avec un tuteur incapable de gérer le quotidien d’un enfant, qui s’enferre dans une situation financièrement de plus en plus compliquée, fait de mauvais choix, tente de composer avec amour mais sans repères.

Ce qui m’a plu, c’est moins les difficultés, le background paternel peu reluisant, les bouteilles de bière vides partout et les moments d’énervement à la limite du dérapage, mais plutôt l’élan vital du petit Mathis (Andrea Maggiulli, visage de poupon bouclé et prononciation enfantine qui tranche avec sa carrure), sa passion toute neuve pour la photo et pour sa nouvelle amie Mélinda. J’ai regretté qu’on ne voie pas un peu plus Lisa, qui choisit de fuir l’appartement devenu saturé de souvenirs et d’essayer de s’inventer ailleurs. J’ai surtout adoré les plans sur les lumières de la ville qui veille les chagrins nocturnes du grand Jack, pourtant encore si adolescent dans ses manières, l’exotique iguane comme un Jiminy Criquet contemporain qui accompagne le trio de son œil scrutateur, les contrastes entre le foutraque, le glauque, le précaire, et les ciels, les crêtes des montagnes et les bords de mer.

Chacun des trois, à sa manière, poursuit sa quête, parfois tournée vers le passé, parfois vers l’avenir. Sans mélancolie, mais avec un mélange d’énergie, de colère, de lassitude, une vision du deuil qui colle à la peau beaucoup moins lumineuse que dans Amanda. On n’échappera pas aux chutes et aux faux pas, et la bonne volonté ne guérira pas de tout. Je crois que je l’avais imaginé davantage comme une trajectoire épurée, comme la ligne droite du scooter qui file sur l’affiche, quand il est fait d’avancées et de plongeons, un peu comme un Beautiful Boy par exemple. Toutes ces complications sont l’occasion pour le trio de jeunes acteurs de faire la démonstration de leur potentiel.

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