« Le monde est à toi » : ça défrise chez Mister Freeze !

le-monde-est-a-toiFrançois rêve d’une vie simple : monter un business de Mister Freeze au Maroc pour se payer un petit pavillon. Mais sa mère refuse de l’aider financièrement, alors il s’embarque dans un trafic de stupéfiants le menant en Espagne…

J’avais vu passer la bande-annonce du film de Romain Gavras et j’avais hésité à le découvrir à sa sortie, parce qu’il me semblait à la fois avoir un fort potentiel comique, mais en même temps je ne suis pas très fan des films de gangsters, de mafia, de trafic etc.

C’est en voyant Oulaya Amamra dans Le sel des larmes que j’ai eu envie de compléter sa filmographie avec Le monde est à toi. Comme je le disais dans mon article sur le film de Garrel, je trouve l’actrice très sous-exploitée depuis Divines, il s’agissait donc de voir si le film de Romain Gavras me ferait mentir.

Point intéressant de l’écriture, le personnage principal ne s’embarque dans une histoire insensée et illégale qu’afin d’obtenir l’argent qui lui permettra d’obtenir une vie tout à fait rangée avec un emploi stable et légal. Les principaux personnages sont assez à rebours de ce qu’on attendrait d’un film du genre, ce qui donne un côté parodique à l’intrigue. Non seulement François (Karim Leklou, toujours aussi bon pour jouer le mec normal embarqué dans une situation qui ne l’est pas, comme dans Hippocrate par exemple) a des rêves consensuels, une poisse et une maladresse qui lui collent à la peau et apportent de la drôlerie à l’intrigue, mais il est flanqué d’une mère délirante. Isabelle Adjani s’en donne à cœur joie avec ce personnage au look chargé qui oscille entre un amour débordant, une capacité à attirer les problèmes et des mensonges éhontés sur ce qu’elle fait de l’argent. Retorse autant que maline, étouffante et délirante, elle en impose au point de voler la vedette aux autres. On repère aussi Vincent Cassel en second couteau aux monologues interminables, vrai personnage de comédie, et un dealer aux neurones attaqués par sa came surnommé « Poutine », ainsi qu’une galerie de petits rôles désopilants (mention spéciale à Philippe Katerine en avocat véreux). Le revers du grand nombre de personnages, c’est qu’on les voit chacun(e) assez peu. On aurait envie d’une franchise à la Kingsman pour avoir le temps de leur développer à tous et toutes des arcs narratifs à leur mesure, en particulier pour Lamya, le personnage incarné par Oulaya Amamra, très convaincante en jeune femme déterminée autant à conquérir un protecteur qu’à décider de sa vie.

Même si j’ai trouvé que l’ensemble s’essoufflait un peu au milieu, la réalisation se veut très pop et dynamique, avec des décors dingos, des couleurs acidulées, un montage rythmé. Quand l’intrigue s’égare un peu, l’humour rattrape l’ensemble et le recale sur ses pieds. Ce qui m’a finalement le plus fait pouffer, c’est l’usage des musiques des années 70-80 : le film démarre sur du Sardou, embraye avec Laurent Voulzy (la scène sur « Le cœur grenadine » est une tuerie), passe par « Aimer d’amour » pour arriver à « La vie ne m’apprend rien », les paroles décrivant une parabole autour du désir de François d’en finir avec le banditisme pour atteindre son idéal de vie rangée de propriétaire, si possible avec une femme à ses côtés. Inclassable, Le monde est à toi est typiquement le genre de film imparfait mais créatif qui prouve que le cinéma français en a sous la pédale.

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