« Patagonie », lointaine Argentine

couverture-livre-patagonieAu début du XXe siècle, Louis Capelle quitte la France direction la Patagonie, où il espère se refaire financièrement pour solder ses dettes. Un siècle plus tard, sa descendante tente de retrouver sa trace…

J’ai reçu ce roman paru à la réouverture des librairies, à la fin du printemps, chez Serge Safran, un petit éditeur dont j’aime généralement les productions. Je n’avais pas encore entendu parler de ce titre, et c’est donc sans aucun indice autre que le titre que je m’y suis plongée, sans même avoir lu la quatrième de couverture.

Le récit est assez déroutant dans sa forme comme dans sa matière. Initié par un genre de journal intime, qui pourrait aussi être un extrait de correspondance, il contient par la suite un mélange d’autres inserts du même style, attribuables à une narratrice contemporaine, qui viennent entrecouper le récit à la troisième personne de l’histoire de Louis depuis son départ de France, avec tout de même quelques souvenirs de sa jeunesse intercalés, et également des lettres écrites par Louis à ses proches et leurs réponses.

Ce n’est pas la première fois que je lis un récit ainsi composé de plusieurs formes, mais ici cela m’a un peu perturbée car j’avais vraiment l’impression d’être jetée in medias res dans une histoire sans aucun élément clair auquel m’accrocher : on ne sait pas de qui nous lisons le journal, où est clairement cette personne et ce qu’elle cherche à faire, de même qu’au début, on ignore tout de Louis à part qu’il est parti de France et doit de l’argent à quelqu’un. Ce n’est que très tardivement que les informations clés sur son passé nous serons données, et en attendant j’ai eu du mal à me sentir vraiment plongée dans son histoire, car je me posais trop de questions. De plus, le style est particulier, avec des phrases brèves, pas toujours très liées entre elles, ce qui m’a amenée plusieurs fois à revenir en arrière pour essayer de mieux comprendre ce que je lisais. C’est à la fois très factuel, avec assez peu de description des émotions des personnages, et en même temps allusif, évasif. J’ai eu une impression étrange de regarder un film en accéléré et de saisir des bribes au vol, tant la vie de Louis défile à toute vitesse jusqu’à son implantation à Las Palmas. Ou alors qu’on me décrivait un film sans que j’arrive vraiment à en faire surgir les images dans mon esprit.

Le roman s’intitule Patagonie mais ce n’est en fait qu’une partie du voyage, si j’ai bien suivi, et la moins détaillée, parmi les orpailleurs. La partie la plus marquante est celle qui se déroule à Las Palmas, dans le petit domaine acquis par Louis pour cultiver des arbres qu’il vend à l’usine voisine. Enfin, le rythme s’assouplit un peu, nous offre quelques descriptions du lieu, de la faune et de la flore de l’îlot, ce qui coïncide aussi avec le moment où l’on en apprend davantage sur ce qui a conduit le personnage dans cette situation solitaire et reculée. L’histoire de cet homme est en vérité touchante, lorsqu’on comprend quels choix il a opéré et de quelles malchances il a joué. On imagine qu’il aurait pu suivre un tout autre destin, il est un peu étrange d’avoir fait débuter le récit au moment où tout était déjà joué. Il me semble que j’aurais préféré suivre l’histoire dans l’ordre, cela m’aurait permis de m’attacher davantage au personnage et de me sentir moins perdue dans cette lecture.

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Propulsé par WordPress.com.

Retour en haut ↑

%d blogueurs aiment cette page :