« Cloclo » : l’idole des jeunes ou rien

affiche-film-clocloClaude grandit en Égypte et fait du violon. Mais de retour en France, alors qu’il réussit à se faire embaucher dans un spectacle, son père le somme de devenir banquier. Claude ne peut se résoudre à renoncer à son rêve de gloire musicale…

Je ne sais pas trop quelle mouche m’a piquée de regarder ce film, moi qui n’aime pas les biopics en général, qui ne suis pas particulièrement attachée aux chansons de Claude François et qui préfère les films courts (celui-ci dure 2h28).

Ce qui m’a enthousiasmée avant tout, c’est un article expliquant que Jérémie Renier s’était beaucoup entraîné pour chanter lui-même tous les titres de la BO. Même si je n’avais pas été complètement convaincue par Rocketman l’année dernière, j’avais été impressionnée par la prestation de chanteur de Taron Egerton et j’écoute encore régulièrement la BO. C’est donc en premier lieu mon amour des musiques de films qui m’a poussée à découvrir le long-métrage de Florent Emilio Siri.

De ce point de vue, il faut distinguer deux aspects. D’une part, l’extraordinaire prestation de l’acteur dans le rôle de Claude François, qui s’est rendu vraiment ressemblant, a réussi à adopter la voix, les postures, à reproduire les chorégraphies avec une précision et une énergie assez remarquables. D’autre part, la composition de la BO elle-même, qui m’a un peu déçue. Certes, on entend pas mal de grands tubes du chanteur, mais très peu d’entre eux en entier. Exemple tout à fait subjectif, ma préférée de Cloclo « Magnolias for ever », est interrompue avant même le refrain. Pourtant sur plus de 2h de film on aurait pu s’attendre à ce que les chansons prennent une place plus importante.

Il faut dire que le scénario est ambitieux. Là où certains biopics se concentrent sur une période de la vie d’une personnalité, ou une thématique, Cloclo se veut total, sinon exhaustif. On voit donc défiler chronologiquement toute la vie du chanteur, de la prédiction de sa naissance jusqu’à son enterrement. C’est un choix intéressant pour comprendre les tenants et aboutissants de sa carrière ainsi que les failles qui ont traversé sa vie personnelle, mais du coup l’accent est moins mis sur la musique, aspect qui m’intéressait personnellement davantage.

Toutefois, on ne peut pas nier une belle tenue au film, à la fois dans son aspect narratif (je ne me suis pas du tout ennuyée) et dans son esthétique pleine de mouvement et de paillettes qui rend bien hommage à son sujet. J’ai également apprécié que le film ne cherche pas à enjoliver la réalité et présente l’idole comme un homme plein de défauts. Certes, l’insistance portée à la relation avec le père (Marc Barbé) vaut comme une sorte de circonstance atténuante, de même qu’une anecdote rapportée par la mère (Monica Scattini) qui expliquerait les sautes d’humeur du chanteur. Mais on découvre une personnalité difficile à vivre, emportée par de brusques colères et des accès de jalousie envers toutes les femmes de son entourage, à la fois par rapport à leurs relations à d’autres hommes éventuels et par rapport à leurs succès. Le machisme imprègne toutes les relations, de celle à la mère qu’on vient chercher quand tout va mal et qu’on fait semblant d’idolâtrer pour la rejeter aussi sec, à celles envers les très nombreuses conquêtes, les « légitimes » soumises à un harcèlement terrible couplé ensuite à une forme d’indifférence, et les « groupies » ravalées au rang d’objets. L’obsession maladive d’être le premier, le plus aimé (plus que Johnny Hallyday en particulier), le plus admiré, empoisonne tout et rend le personnage positivement détestable, quand bien même on aurait une empathie habituelle pour ce trait commun des artistes, ici poussé à son paroxysme. Parmi la galerie des femmes qui ont supporté un temps de partager cette vie, on retiendra en particulier la prestation émouvante d’Ana Girardot (Isabelle).

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2 commentaires sur “« Cloclo » : l’idole des jeunes ou rien

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    1. Vraiment pas surprenant par rapport à ce qu’on voit dans le film : dès que quelqu’un commence à avoir des succès, même s’il appréciait la personne avant, il se met à lui en vouloir et la pourrir.

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