« À la dérive », tempête sur le Pacifique

affiche-film-a-la-deriveTami rencontre Richard à Tahiti. Elle vit de petits boulots, il traverse le monde sur son bateau. Le jeune couple accepte de ramener le bateau de luxe d’un couple américain en Californie, mais une tempête survient en plein Pacifique…

L’histoire de ce film pourrait être ironiquement résumée bien vite : Richard et Tami sont sur un bateau, Richard tombe à l’eau, qui reste-t-il ? Ce serait bien sûr faire peu de cas de l’histoire vraie qui a inspiré ce long-métrage à Jordan et Aaron Kandell. Nés à Hawaï, habitués à la navigation et amoureux du Pacifique, les deux frères, qui ont aussi collaboré au scénario de Vaiana pour Disney à la même période, avaient en tête une histoire de tempête et de survie, jusqu’à ce qu’ils découvrent ce qui était vraiment arrivé à Richard et Tami et rencontrent cette dernière qui leur a raconté le calvaire. 41 jours en pleine mer avec un bateau dématé et en panne, à espérer finir par toucher terre avant d’épuiser ses stocks d’eau potable et de nourriture. On est clairement dans le registre du survival.

Pour réaliser le film, c’est un spécialiste du genre qui s’y colle, Baltasar Kormákur, l’Islandais derrière Survivre et Everest. On ne peut pas dire qu’il ne maîtrise pas son sujet. Techniquement, c’est bien fait, des scènes de tempête à la pêche au harpon. Les flashbacks sur l’histoire d’amour entre Tami et Richard, de leur rencontre quelques mois plus tôt à la décision d’accepter ce job de navigation, permettent de donner du contexte, et théoriquement, de nous attacher au destin des personnages.

C’est là à mon sens que le mât blesse, si je peux me permettre. Je n’ai pas grand-chose à reprocher à Shailene Woodley, que j’aime beaucoup au demeurant depuis The Spectacular Now et qui s’est beaucoup investie dans le projet (c’est elle qui le produit). Elle se donne physiquement pour rendre crédible cette navigatrice débutante qui, poussée par l’instinct de survie, se retrouve à installer une voile de fortune, calculer des coordonnées géographiques et la vitesse de déplacement du bateau pour estimer sa trajectoire jusqu’à Hawaï, apprendre à pêcher alors qu’elle est végétarienne par conviction animaliste. Sam Claflin est en retrait, d’abord parce que son personnage est moins actif, mais aussi parce qu’il lui donne un tempérament romantique fade comparé à la pugnacité et au dynamisme de Tami.

Sans que je sache très bien l’expliquer, quelque chose ne prend pas. Le film manque d’émotions fortes, quand bien même la réalisation des scènes d’action est assez propre. Je me demande si les flashbacks ne nuisent pas finalement à la tension que le huis clos sur le bateau aurait pu introduire (je pense à l’excellence d’Arctic qui bouleverse sans le moindre élément de background sur son protagoniste et sans quasiment aucun dialogue). Il me semble qu’À la dérive parle trop pour ne pas dire grand chose, et que le film manque de nerf. Par moments, on dirait presque que le jeune couple profite d’une lune de miel, plus occupé à contempler le coucher de soleil flamboyant qu’à lutter pour survivre. C’est dommage car le fait divers original avait du potentiel, et qu’il est toujours appréciable de renverser le cliché de l’homme qui tente de sauver sa belle. Mais j’ai fini par deviner plus ou moins la fin et m’ennuyer au moment où j’aurais dû être émue. Richard et Tami sont dans un bateau, le film tombe à l’eau.

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