« Pinocchio », être humain c’est être sage ?

affiche-film-pinocchioGeppetto fabrique une marionnette dans une unique buche et l’appelle Pinocchio. Surprise, la marionnette parle et se meut sans fil. Mais Pinocchio n’est pas très obéissant…

J’ai comme beaucoup vu la version Disney de cette histoire quand j’étais enfant mais je n’ai jamais lu le livre de Collodi, et je ne peux pas dire que je sois vraiment passionnée par cette histoire, même si j’ai dû voir les adaptations de 72 et de 96 il y a longtemps. Toujours est-il que je n’étais pas forcément très emballée par le projet de Matteo Garrone jusqu’à ce que j’en découvre la bande-annonce, qui rappelle l’univers baroque de son Tale of Tales.

J’ai été surprise de voir le film débarquer sur Amazon Prime, probablement encouragé par le succès américain de la suite des Trolls, mais il me semble pourtant que ce film aurait eu des atouts pour constituer un succès en salles (par exemple s’il avait été sorti pour Noël).

C’est dommage que nous ayons été privés du plaisir de découvrir les paysages impressionnants d’une Italie écrasée de soleil et quasi désertique à l’écran, sillonnés par le petit Pinocchio, car l’esthétique du film a vraiment des qualités… mais n’est pas exempte de défauts pour autant. Comme dans tous les films faisant appel à beaucoup d’effets, de 3D, d’animaux de synthèse, je trouve qu’on passe très vite du « c’est super bien fait » au « c’est immonde ». En l’occurrence, les équipes de Matteo Garrone ont composé un Pinocchio plutôt mignon à partir de la bouille de Federico Ielapi, mais heureusement qu’on voit peu Jiminy Cricket parce qu’il est atroce. On retrouve bien les étapes clés de l’histoire, et globalement on n’est pas déçu des passages obligés comme la transformation en âne ou le ventre du monstre marin. Mais ce qui m’a surtout beaucoup plu, c’est un passage que je connaissais moins, toute la partie se déroulant chez l’escargot (qui m’a énormément fait rire) et la petite fée. Leur maison où le temps s’est arrêté est à mi-chemin entre l’univers de Great Expectations (notamment dans l’adaptation BBC) et celui d’un Tim Burton. C’est sans doute le moment où Pinocchio est le plus proche de l’humanité, en jouant avec sa petite camarade, plus qu’en exacerbant ses travers de polisson ou au contraire sa sagesse (cette morale qui veut qu’être un vrai petit garçon doive correspondre à être sage est tout de même très étrange si on y réfléchit).

Je ne sais pas si j’ai vraiment obtenu du film tout ce que j’en attendais, car il reste une impression un peu bizarre de ce visionnage, comme si on voyait trop la technique dans l’animation pour vraiment être plongés dans l’univers du conte. Mais certaines scènes fonctionnent vraiment bien, on passe un bon moment, et surtout Roberto Benigni est un Geppetto tellement parfait et attachant qu’on aurait voulu le voir davantage !

7 commentaires sur “« Pinocchio », être humain c’est être sage ?

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  1. Il faut voir le Pinocchio de Comencini de 1972 qui est magnifique et où Pinocchio (comme dans le livre trahi comme d’habitude par Disney) est un garnement. Les classiques du cinéma sont une manne inépuisable. La vraie histoire de Pinocchio est assez cruel (le personnage y est meme pendu à un moment), c’est une histoire sur la pauvreté, et il ne devient pas ‘enfant’ parce qu’il est sage mais parce qu’il aime son père.

    1. Comme je l’écris au début de ma chronique, j’ai vu cette adaptation quand j’étais enfant. Dans celui de Garrone aussi il est pendu par le chat et le renard, c’est la petite fée qui vient le sauver.

      1. D’accord, je voulais evoquer le Comencini parce que la morale qui veut qu’un enfant doit être sage n’est ni celle de Collodi, ni celle de Comencini, mais celle de la mièvre version Disney avec l’irritant Jiminy Cricket (personnage inventé par Disney)

        1. Ok, je ne savais pas que Jiminy n’était pas dans le livre. En tout cas dans la nouvelle adaptation il y a bien un Jiminy très moche et il est beaucoup dit au petit Pinocchio qu’il faut bien travailler à l’école s’il veut devenir un vrai petit garçon.

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