« Wonder », l’essentiel est invisible pour les yeux

affiche-film-wonderAuggie rentre à l’école, après avoir été instruit par sa mère pendant ses premières années. S’il a hâte d’étudier les sciences, il craint les regards des autres sur son visage, portant les cicatrices d’une malformation de naissance…

J’avais envisagé de voir ce film depuis longtemps, après avoir découvert Jacob Tremblay dans Room où il crevait l’écran, éclipsant presque Brie Larson, pourtant oscarisée pour ce rôle. Mais je craignais un peu l’aspect dégoulinant de bons sentiments qui pouvait être associé à un tel sujet.

Finalement, en ce moment, les bons sentiments sont plutôt un luxe, alors je me suis penchée sur le film de Stephen Chbosky. Je précise que j’avais beaucoup aimé The perks of being a wallflower, qui constitue un de mes films doudous malgré les sujets durs qu’il aborde. Et ce n’est pas étonnant que le réalisateur ait voulu s’emparer de l’histoire écrite par R.J. Palacio, car on y retrouve plusieurs ingrédients proches de son film précédent. Le personnage central est un jeune garçon esseulé, ici non par un secret qu’il cache mais par une différence bien visible puisqu’elle touche son visage, marqué des cicatrices de nombreuses opérations venues réparer au mieux une malformation génétique de naissance. Contre le regard des autres, le petit August a une arme, son imagination, qui l’entraîne souvent du côté de sa passion : l’espace. J’ai particulièrement apprécié la manière dont l’imaginaire se fond dans le réel, comme les enfants savent si bien le faire, qui prennent leurs jeux très au sérieux. En un mouvement de caméra, Auggie devient un astronaute saluant la foule qui l’acclame, et Chewbacca l’attend devant l’entrée de son école. C’est frais et dynamique et cela apporte une touche d’originalité à un scénario par ailleurs très convenu. On se doute bien qu’Auggie va être confronté à tout ce qui fait la vie d’une école : les profs, les camarades, des concours, des devoirs, des sorties scolaires, une remise de prix très américaine… et bien sûr des histoires d’amitiés et d’inimitiés exacerbées par sa particularité.

Ça fonctionne parce que c’est filmé avec tendresse, que Jacob Tremblay est toujours aussi fort pour nous embarquer avec lui, même si je l’ai préféré dans Ma vie avec John F. Donovan, dont les problématiques me parlaient sans doute davantage. Les parents sont d’une bienveillance exquise et on sent qu’Owen Wilson et Julia Roberts ont dû vraiment s’attacher à leur fils de cinéma.

Mais ce que j’ai préféré dans ce film, c’est – et ce n’est pas une si grande surprise – le personnage de la grande sœur, Via. Izabela Vidovic lui confère un mélange de douceur, de fragilité et de grande bonté, dans la lignée d’une Aimee Finicky dans The Spectacular Now. J’ai une prédilection pour ces personnages d’ado sages qui font mentir les stéréotypes selon lesquels les adolescentes seraient forcément des pestes entre elles, des cheerleaders sans scrupules ou des intellos infréquentables. Via est la parfaite girl next door mais elle a pour elle sa capacité à comprendre le fonctionnement de sa famille et un altruisme rare. Il était bien normal qu’elle aussi ait droit à son quart d’heure de gloire, la scène qui m’a le plus émue.

Certes, l’ensemble est assez cousu de fil blanc mais réussit à toucher et à convaincre grâce à un casting parfaitement choisi et une caméra qui enveloppe ses personnages d’un regard doux.

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