« 1001 grammes », d’une tonne à un tout petit poids

affiche-film-1001-grammesMarie est une scientifique comme son père. Lorsque le vieux spécialiste du kilogramme fait un infarctus, elle doit le remplacer pour participer à Paris à une nouvelle mesure des kilo-étalons de tous les pays…

Vraiment je ne remercierai jamais assez Arte de mettre gratuitement à notre disposition sur arte.tv autant de films si variés parmi lesquels s’est glissée cette petite pépite venue de Norvège. Le film de Bent Hamer m’a intriguée par son titre, j’ai vaguement compris qu’il s’agissait d’une histoire de poids et de mesure et je me suis lancée dans le visionnage sans savoir ce qui m’attendait.

C’est un sujet unique au cinéma à ma connaissance, qui nous instruit au passage : j’ignorais que chaque pays possède son étalon des mesures, ici un poids d’un kilo, qu’il s’agit de faire réévaluer pour des considérations scientifiques qui, très honnêtement, m’ont rapidement dépassée.

J’ai été également surprise de reconnaître Ane Dahl Torp dans le rôle principal (The Wave, Meurtres à Sanhamn). Elle incarne avec un mélange de rigidité et de fragilité une scientifique dont la rigueur est bousculée par les événements : d’abord une rupture amoureuse, hors champ, dont on n’apercevra que quelques scènes où il est question de récupérer des affaires, puis l’accident cardiaque de son père, qui introduit la thématique de l’héritage.

En venant à Paris, elle ne se doute pas qu’elle va trouver l’occasion de s’alléger du poids du passé grâce à la rencontre fortuite avec Pi. C’est toujours un plaisir de retrouver Laurent Stocker (de-la-Comédie-Française comme on dit, mais qui est aussi pour moi l’inénarrable Philibert d’Ensemble, c’est tout), souvent à son aise dans des rôles de personnages lunaires, décalés, interprétant ici un scientifique-jardinier fasciné par le chant des oiseaux.

Le film diffuse un sentiment d’étrangeté, avec ses plans très blancs et bleus dans l’institut norvégien des poids et mesures (la scène de la pesée des cendres est magnifique et presque fantastique), qui m’ont fait penser à l’atmosphère du Secret des banquises. Les scènes parisiennes dans le 9e arrondissement (on n’est pas dans le Marais comme annoncé) ont quelque chose de plus vivant et coloré, comme si Paris tirait la jeune femme du côté de la vie. Ce qui m’a plu, c’est que malgré le fond douloureux et la protagoniste assez taiseuse, le film sait trouver de la légèreté dans une forme de poésie (la scène des parapluies de l’affiche), de comique de décalage (la photo de groupe), quelque part entre Ruben Östlund et Elia Suleiman, une façon de conjuguer le sérieux de l’intrigue à un sous-texte vaguement moqueur sur les institutions.

1001 grammes, c’est quelque part un film sur l’allègement (d’où mon emprunt du titre de l’album de Renan Luce), la découverte d’une possibilité de vie plus spontanée, plus ouverte aux surprises. Une jolie morale portée par un tandem d’interprètes talentueux/se inattendu.

2 commentaires sur “« 1001 grammes », d’une tonne à un tout petit poids

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  1. Je regarde souvent ARTE en direct et replay mais assez souvent j’ai le reflex d’aller voir sur Internet…. Je viens de le faire et il y a effectivement des petites pépites…. Merci 🙂

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