« Copenhagen », l’Américain et la petite sirène

affiche-film-copenhagenWill a embarqué son ami Jérémy (et la copine de celui-ci) à Copenhague où il compte retrouver son grand-père. Planté par ses compagnons de voyage, il demande l’aide d’une jeune employée de son hôtel…

Lorsque j’ai vu qu’au programme des films gratuits d’Outbuster figurait un film intitulé Copenhagen, il était évident que j’allais le visionner, quel qu’en soit le pitch, ne serait-ce que parce qu’il évoque le Danemark, pays cher à mon cœur.

Je me suis régalée, car le Canadien Mark Raso nous propose une vraie carte postale animée, une visite guidée de la capitale danoise avec à la fois les lieux les plus emblématiques (la statue de la petite sirène, le parc d’attractions Tivoli, le port coloré de Nyhavn) mais aussi des ambiances, des rues qui font ressentir l’atmosphère de différents quartiers. C’est un vrai bonheur de retrouver ainsi la réalité de cette ville qui se parcourt forcément à pied ou à vélo comme le font les protagonistes.

Sur le fond de l’histoire, au début, j’ai craint le pire car Will, que l’on suit de bout en bout, apparaît d’abord comme un vrai connard. Il n’y a pas d’autre mot pour désigner un type qui ne pense qu’à lui, tente de faire rompre son meilleur ami, ne cherche qu’à coucher avec des filles d’un soir et parle mal à tout le monde. Je tire mon chapeau à Gethin Anthony, que les aficionados de Game of Thrones (dont je ne suis pas) auraient sans doute reconnu, pour avoir réussi à petit à petit humaniser cet adulte immature et égocentrique. On comprend peu à peu que son entourage n’est pas forcément non plus exempt de défauts, et qu’il a souffert de l’abandon paternel comme son père avant lui. Il est question d’héritage, de ce qu’on transmet en creux sans le vouloir, des schémas familiaux qui se répètent. C’est l’occasion aussi pour le film d’aborder, dans une scène bilingue, une part sombre du passé du pays avec un personnage d’ancien nazi danois. J’avais rarement vu ce sujet traité et j’ai trouvé que le film se tirait assez bien de toute cette partie sur l’Histoire et la quête des origines.

Mais ce n’est pas le seul sujet délicat auquel le scénario confronte Will. La douceur, l’enthousiasme et le côté coloré et lumineux du film, qui aurait pu être très sombre si uniquement centré sur cet homme désagréable et malheureux, sont apportés par Effy (Frederikke Dahl Hansen), la jeune guide qui se pique au jeu de la quête plus que Will lui-même et lui fait visiter toute la ville en même temps qu’ils recherchent ensemble l’aïeul évaporé. Mais Effy est bien plus jeune qu’elle n’en a l’air, et le film prend alors de gros risques de tomber dans la représentation d’une relation abusive à mesure que les protagonistes se rapprochent. C’est toujours un sujet délicat que traiter d’une attirance entre un(e) adulte et un(e) adolescent(e) sans tomber dans les clichés ou la perversion. Le cinéma a une tendance à romantiser et à érotiser ce qui dans la vie serait un pur détournement de mineur(e) voire pire. Ici la limite est ténue mais j’ai trouvé que le réalisateur s’en sortait assez bien, en particulier dans la façon de clore le film, qui ne s’avance pas trop. L’ensemble reste assez délicat et inattendu, louvoyant entre ses divers écueils avec le charme et la grâce de cette ville à laquelle l’ouverture d’Effy rend bien justice.

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