« Kiss me you fucking moron », le théâtre adoucit les mœurs

affiche-film-kiss-me-you-fucking-moronTale est motivée à lancer un défi à sa troupe de théâtre amateur : jouer un texte de Jon Fosse. Elle recrute un acteur célèbre pour les diriger, mais celui-ci veut embaucher un joueur de l’équipe de foot locale dans le rôle principal…

Movie Challenge 2020 : un film qui n’est pas sorti en salles en France

Je n’avais jamais entendu parler de ce film jusqu’à ce qu’il soit gratuitement proposé dimanche dernier par Outbusters dans le cadre de leur programme de films mis à disposition pendant le confinement.

Le Norvégien Stian Kristiansen nous embarque dans la campagne norvégienne, avec de merveilleux paysages de bord de mer venteux et de lande saupoudrée de maisons blanches, à la suite d’une jeune actrice passionnée et déterminée. L’intrigue globale du film appartient totalement au genre du teen movie, avec les ingrédients habituels : une histoire d’amour improbable entre deux ados que rien ne rapproche d’emblée, des amitiés, du dépassement de soi qui fait grandir et aide à comprendre qui l’on est. Le pitch résultant de ces composantes n’est pas spécialement original et la fin assez aisée à deviner, partant du titre.

Comme souvent, le film s’appuie sur l’opposition entre deux personnages d’ados, qui rappelle assez celle de The Spectacular Now par exemple. D’un côté, il y a le type sûr de lui, qui martyrise les moins populaires avec sa bande, est capitaine de l’équipe de foot, promis à un certain avenir dans le milieu, et sort avec une blonde peroxydée. De l’autre, il y a la fille sensible, intelligente, passionnée par l’art (non seulement le théâtre, mais aussi la photographie et la musique, comme on le découvre au fil de l’histoire), une ado appréciée de son groupe d’ami(e)s mais qui ne cherche pas la popularité ni à attirer l’attention.

Bizarrement, ces jeunes et leurs ami(e)s ont l’air livrés à eux-mêmes, jamais leurs parents n’apparaissent à l’écran alors qu’ils/elles sont tous mineur(e)s, ils circulent comme bon leur semble et n’ont aucune contrainte. Cela crée une atmosphère un peu étrange, dans laquelle les décisions doivent être prises solitairement. Les seuls repères adultes présents dans le film sont l’entraîneur de foot entraperçu et le metteur en scène, incarné par Kritoffer Joner (vu dans The Wave). Ce personnage désabusé et la relation qu’il crée avec les jeunes est sans doute le plus intéressant du film, le plus contrasté.

Mais ma grande découverte, c’est Eili Harboe (plus connue pour Thelma), que je découvrais ici. Souvent filmée de très près, la jeune fille déterminée quand il s’agit de ses projets artistiques devient d’une intensité contemplative lorsqu’il est question de sentiments. J’ai apprécié qu’en dépit du peu de dialogues sur le sujet, on réussisse à percevoir les enjeux de la bataille intérieure qui se livre derrière son regard mordoré, et qu’elle puisse à la fois transmettre la candeur et l’inquiétude propres à l’adolescence. Difficile en revanche de vraiment s’attacher au personnage du mal dégrossi Vegard, qu’on aurait préféré incarné avec un peu plus de panache, à défaut de charisme.

Sans être impérissable, le film de Stian Kristiansen fait passer un bon moment et devrait pouvoir toucher les adolescent(e)s. Une bonne idée de film à regarder en famille.

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