« Trois étés », madame est servie !

affiche-film-trois-etesMada est majordome chez Edgar et Marta depuis des années. Après l’anniversaire de mariage de ceux-ci, qui occasionne une grande fête, une enquête sur fonds de malversations financières conduit Edgar en prison…

Ce film est le dernier que j’ai pu voir en salles avant le confinement, et tant que tel, il aurait dû revêtir une saveur particulière, quelque peu solennelle. Je n’avais pas spécialement prévu de voir ce long-métrage brésilien, dont j’avais à vrai dire très peu entendu parler, mais il a fait l’objet d’un consensus avec mes ami(e)s et je me suis dit que ce serait une bonne occasion de dépaysement.

La construction du film est fidèle au titre : en trois étés (c’est-à-dire trois fois décembre, car nous sommes dans l’hémisphère sud), nous plongeons dans le petit monde de Mada, de ses patrons, de ses collègues. Et l’évolution de la situation dans la grande maison est l’occasion d’une critique d’une société où les parvenus s’en sont mis plein les poches de manière pas toujours légale.

La cinéaste Sandra Kogut mêle chronique de la vie courante d’une famille et satire d’une société accoutumée aux procès pour corruption et à l’invisibilisation des classes précaires, qu’elle choisit justement de mettre en avant grâce au personnage de Mada. C’est par le regard de la majordome qu’on pénètre chez la famille riche, et c’est une vraie bonne idée. D’autant plus que le principal atout du film, c’est l’interprète de Mada, Regina Casé. Pleine de verve et d’entrain (le grand-père lui reproche d’ailleurs à un moment ses marques de joie de vivre et d’optimisme), Mada fait feu de tout bois. Elle fourmille d’idées censées lui permettre d’accéder à un statut social supérieur, comme celle de posséder une petite guinguette pour y vendre des marchandises tombées du camion (ou détournées de chez ses patrons), ou encore de vendre le surplus des plats préparés pour la famille qui l’emploie. Créative, Mada l’est aussi en cuisine, ce qui nous offre la scène la plus hilarante du film, autour de ses inventions comestibles (les sushisses en particulier). Volontiers vulgaire, fière, généreuse, dévouée mais profiteuse, c’est un personnage complet et imposant qui dévore l’écran et écrase tous les personnages secondaires, réduits à peau de chagrin dans l’écriture comme dans le montage. Partout, tout le temps, on ne voit que Mada qui fait le show, de ses manigances pour soutirer de l’argent à son patron à son monologue déchirant sur Noël (mais est-il vrai ?).

Le résultat est en demi-teinte. Certains passages sont vraiment drôles et satiriques, rappelant parfois la critique sociale présente dans Les Nouveaux sauvages. Mais par moments, le film qui ne dure pourtant qu’1h34 semble traîner en longueur, s’étirant dans des plans sur l’intérieur fortuné ou la piscine déserte. On somnole un peu entre deux scènes comiques, le rythme ne se tient pas vraiment sur la durée, et c’est dommage car il y avait de la matière et quelques belles propositions dans ce triptyque estival acerbe.

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