« Just Mercy » : on the basis of skin

affiche-just-mercyJohnny D est arrêté et condamné à mort pour le meurtre d’une jeune fille, sur la base du témoignage d’un malfrat emprisonné entre temps. Lorsque Bryan sort d’Harvard, il s’installe en Alabama et décide de devenir l’avocat du couloir de la mort…

Depuis States of Grace, qui était mon film préféré en 2014, j’ai mis beaucoup d’espoir dans le tandem Destin Cretton – Brie Larson. Le réalisateur et son actrice fétiche nous avaient offert en 2017 l’adaptation du Château de verre, touchante avec des prestations d’acteurs/trices (notamment les enfants) vraiment impressionnantes, même si le film m’a moins marqué que leur précédente collaboration.

Avec ce nouveau projet, Just Mercy, Destin Cretton relègue la talentueuse Brie Larson au second plan, et s’attaque à un sujet toujours social et tourné vers les opprimés, même si moins centré sur les problèmes familiaux. Ici, on est plus proche d’un Loving, puisqu’on suit le cas d’un procès réel qui a permis de faire évoluer le rapport de la justice aux personnes racisées.

Le cas choisi est bon car il met en évidence à quel point les tribunaux peuvent choisir la voie de l’aveuglement et de la facilité pour apaiser la population plutôt que de chercher à rendre vraiment justice. Le film réussit à être très clair sur le cas juridique présenté, ce qui n’est pas toujours le cas des films de procès. La narration est limpide, et l’ensemble si évident qu’il semble presque invraisemblable que Johnny ait pu être condamné.

Cependant, je trouve que sur un sujet aussi révoltant que la condamnation à mort d’innocents, et a fortiori d’innocents condamnés en fonction d’un biais raciste, le long-métrage manque un peu de puissance émotionnelle. Certes, on ressent de la révolte lors des scènes de procès, d’ailleurs le film est meilleur sur sa fin à mes yeux. Certes, il y a quelque chose d’anxiogène dans cette chaise électrique dont la couleur jaune semble s’infiltrer dans la lumière de toutes les scènes d’intérieur comme la menace qui plane dans l’esprit de tous les condamnés et de leurs proches. Tout de même, j’en attendais plus, en termes de rythme et de montage mais aussi de bande-son, pour nous faire ressentir au plus près l’horreur de la situation. Très lisse et classique, le film ne met pas spécialement en valeur ses interprètes. Les rôles féminins sont très secondaires et auraient pu être interprétés par n’importe qui tant ils sont peu exploités. Les prisonniers qui entourent Johnny sont les plus touchants (Herbert et Ray, qu’on aurait aimé voir davantage), mais le seul qui m’a vraiment remuée est Tim Blake Nelson, remarquable de ressemblance mais aussi d’intensité dans les atermoiements et revirements de Myers. Cependant les prestations des deux acteurs principaux, Michael B. Jordan et Jamie Foxx, m’ont paru un peu trop propres et m’ont laissée sur ma faim. Il faut dire aussi que le film nous laisse peu d’occasions d’apprendre à connaître les personnages, hormis la toute première rencontre de l’avocat avec un prisonnier, l’une des meilleures scènes du film. On aurait aimé les voir évoluer avant ce cas juridique, le temps de s’attacher à eux et de se sentir davantage concerné(e)s par une histoire qui paraît assez attendue dans ses rebondissements comme dans son dénouement.

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