« Tulip Fever », le pouvoir des fleurs

affiche-film-tulip-feverSophia quitte l’orphelinat où elle a grandi pour épouser Cornelis, marchand d’épices qui rêve qu’elle lui donne un enfant. Pendant que sa domestique file le parfait amour avec un poissonnier, Sophia s’entiche d’un jeune peintre…

Ce film a connu un destin compliqué puisqu’il n’est jamais sorti en France au cinéma, et que la sortie DVD a tardé. Et finalement, même si on l’avait acquis dans la famille, je ne l’avais toujours pas vu.

Je ne suis pas forcément une grande adepte des films d’époque, mais je me suis rendu compte avec Portrait de la jeune fille en feu que j’aimais beaucoup les films autour de la peinture. J’avais adoré les scènes où l’on voyait le travail de la peintre, le tableau en train de prendre vie sous nos yeux. On retrouve un peu le même procédé dans Tulip Fever, même si l’effet produit n’est pas vraiment le même. Là où le film de Céline Sciamma suscitait l’émotion, les scènes où le peintre (Dane DeHaan, dont je n’ai pas grand-chose à dire si ce n’est qu’il fait beaucoup plus jeune que son âge) reconstitue les poses avec des mannequins en bois ou d’autres personnes affublées des mêmes vêtements sont plutôt comiques. De manière générale, le film de Justin Chadwick oscille entre le sérieux et des scènes si drôles qu’on en vient à se demander s’il faut les prendre au second degré : lorsque la modèle et le peintre se courent après dans la rue pour s’avouer leur amour, difficile de ne pas trouver cela hilarant tant leur empressement semble décalé.

Pourtant, le fond du propos est assez profond, avec une réflexion sur les quiproquos, la façon dont chaque choix influe sur la vie des autres et l’impossibilité de réparer ses erreurs en revenant en arrière. Alicia Vikander donne de sa personne pour incarner ces questionnements avec une certaine justesse, même si le film pèche un peu par son emphase parfois inadaptée. Lorsqu’il se calme pour laisser aux spectateurs/trices l’opportunité d’admirer les plans de bord de mer aux allures de tableaux, le long-métrage est plus saisissant que dans ses intrigues amoureuses tortueuses.

Même si cela peut n’apparaître que comme la toile de fond du récit, ce qui m’a le plus enthousiasmée, c’est en fait toute l’histoire de la bulle économique autour du commerce des tulipes. C’est ce qui donne son titre au film, et qui apparaît dès la jolie scène d’ouverture. C’est aussi un épisode historique important aux Pays-Bas, qui préfigure d’autres bulles bien plus célèbres (le krach de 1929 par exemple) et permet de comprendre assez simplement ce mécanisme financier, tout en l’illustrant par le parallèle entre la passion du jeu boursier et la passion amoureuse. Je ne pensais pas que l’histoire du commerce des tulipes pourrait me captiver plus que les relations interpersonnelles du film mais cela a pourtant été le cas, même si j’ai bien aimé l’arc narratif de Maria (Holliday Grainger, que j’avais déjà aperçue mais qui fait ici vraiment ses preuves).

Meilleur que l’assez catastrophique Deux sœurs pour un roi du même réalisateur, Tulip fever restera probablement assez anecdotique d’un point de vue cinématographique, même s’il est instructif et esthétiquement plaisant.

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