« Marriage Story », l’épreuve du divorce

affiche-film-marriage-storyNicole et Charlie, parents d’un petit Henry, se séparent. Alors qu’ils avaient décidé d’une rupture à l’amiable, Nicole part pour Los Angeles et engage Nora, redoutable avocate. Charlie espère leur retour à New York…

Je n’avais pas spécialement d’attente envers ce film, mais j’ai fini par écouter la hype collective et les nominations en masse aux Golden Globes, laissant présager une course aux statuettes en février.

De Noah Baumbach, je ne connaissais que Frances Ha, qui m’avait emballée à la fois dans le fond du propos et dans la forme, ce si beau noir et blanc. Mais avec son film Netflix, le réalisateur autrefois indé devient plus mainstream.

Il y a de très jolies choses dans cette étude assez réaliste d’un couple en crise qui finit par se déchirer autour de la garde de l’enfant, de façon classique. La scène d’ouverture et la scène de clôture sont à mes yeux les plus belles et touchantes du film, parce qu’elles sont en décalage avec le moment présent, toutes à la nostalgie de l’amour qui n’est plus, dans une tendresse persistante pour l’autre, qui n’est pas encore ou plus un(e) ennemi(e). Il y a une douceur dans ces scènes qui imprègne l’écran à travers une lumière dorée flatteuse, qui fait du couple, même désuni, une sorte d’image d’Épinal.

Entre les deux, rien de bien original : ça crie, ça pleure, ça tape du poing dans le mur, ça se balance des horreurs, que ce soit en face ou par avocat(e) interposé(e), bref un divorce, dans tout ce que cela peut avoir de banal et de terrible (Intolérable cruauté évoquait déjà ça avec cynisme en son temps). Je n’ai pas été spécialement enthousiasmée par les performances des acteur/trice : Scarlett Johansson ne fait que pleurer, manquant à mes yeux d’une variété de nuances qui aurait été bienvenue, et Adam Driver ressemble à ce qu’il est dans Paterson par exemple, un type à côté de ses pompes. Ni l’un ni l’autre ne sont vraiment attachants ni sympathiques hormis dans les scènes de début et de fin où se dessinent des singularités qui finissent par s’effacer dans les engueulades. Ce qui fait qu’au milieu du film, qui pèche par sa longueur, je me suis ennuyée. Pourtant l’idée de présenter une situation inextricable était plutôt bonne, mais j’ai trouvé que Noah Baumbach avait perdu de sa grâce dans l’écriture.

En revanche, celle qui tire bien son épingle du jeu, c’est Laura Dern. Son personnage d’avocate est visiblement traumatisé par sa séparation, d’où une tendance à plaquer les séquelles de sa propre histoire sur celles des autres, désirant à tout prix se venger en faisant gagner les femmes qu’elle défend contre leurs ex-conjoints. Il y a un côté comique dans ses effets de manche, et en même temps son propos n’est pas toujours dépourvu de vérité, quoiqu’exacerbé par sa hargne. Là où les deux protagonistes semblent voués à tenter de susciter uniquement de l’émotion (j’ai parfois eu vraiment l’impression qu’on cherchait à me tirer des larmes, ce qui ne fonctionne pas souvent sur moi quand c’est trop évident), elle nous fait réfléchir sur le système judiciaire qui finit par empirer les conflits qu’il est censé contribuer à résoudre, sur la place des hommes et des femmes au sein de la famille et ce qu’on attend de chacun(e) jusque dans un tribunal. Une demi-réussite donc que ce film qui aurait sans doute gagné à être plus condensé dans l’écriture et fin dans l’interprétation.

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3 commentaires sur “« Marriage Story », l’épreuve du divorce

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  1. Pour ma part, bien aimé ce film même si je n’en suis pas non plus ressortie les larmes aux yeux. Le personnage de Dern est vraiment excellent – son interprétation aussi (je pense qu’elle est bien partie pour les Oscars). Pour ma part, je dirais en fait que mon problème – sans savoir s’il s’agit d’une intention volontaire du réalisateur – est le fait que le personnage de Driver est devenu à mes yeux plus « sympathique » dans le sens où il s’en prend vraiment plein la gueule, bien plus que le personnage de Johansson que je n’ai jamais réussi à apprécier (et quelque part, la fin ne m’a fait que confirmer cette impression). Ca a crée un déséquilibre dans l’appréciation et le rapport que j’ai eu avec les personnages.

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