« Seules les bêtes », thriller chaud-froid

affiche-film-seules-les-betesEvelyne disparaît dans le village enneigé où elle avait une maison de vacances. Pendant ce temps, Alice trompe son mari Michel avec Joseph, un éleveur de brebis taciturne et perturbé… 

Je n’ai pas lu le roman de Colin Niel et je n’ai pas vu non plus les précédents films de Dominik Moll, c’est l’intrigante affiche blanche façon Fargo (et pourtant je n’ai pas du tout aimé le film des frères Coen !) qui a capté ma curiosité. Et puis ce casting qui rassemble des talents du cinéma français en pleine explosion : Denis Ménochet, qui a tellement impressionné l’an dernier avec Jusqu’à la garde, Laure Calamy que je suis ravie de voir tracer sa route au cinéma après l’avoir adorée dans Dix pour cent, Damien Bonnard, qui est partout en cette fin d’année (aussi dans Les Misérables), et Bastien Bouillon, que j’avais repéré dans Le mystère Henri Pick.

Ce groupe de choc est complété par Valeria Bruni-Tedeschi, et deux nouvelles têtes, Guy Roger N’drin et Nadia Tereszkiewicz, qui tirent plus que bien leur épingle du jeu et ont même tendance à voler la vedette à leurs aîné(e)s.

Alors qu’on s’attend à un film glacé, les tout premiers plans nous entraînent en Afrique, après un premier cri astucieux qui commence à semer le doute. L’ensemble du film démontre une grande maîtrise dans la construction de l’intrigue et le montage. Chapitré au gré des changements de points de vue, le récit nous donne à voir la version de chaque personnage, comme s’il s’agissait de sa déposition dans l’enquête sur la disparition d’Evelyne. Cela permet de distiller les indices au compte-gouttes, de brouiller les pistes, et au-delà de la quête du coupable, de nous entraîner dans des thématiques inattendues.

Ce qui se présentait comme un polar rural sur fond de misère des campagnes agricoles et d’adultère devient un récit complexe, intriqué, dont chaque personnage cache une double vie à son entourage. Tout n’est que mensonge, tromperies, duplicité en dépit de l’honnêteté professée par Michel et Amandine. Chaque dévoilement est une surprise pour les spectateurs/trices, et personnellement je n’ai pas cherché à deviner la suite, je me suis laissé porter, savourant chaque révélation comme une nouvelle poupée russe plus petite et minutieusement ornée.

Mais plus que l’amour, l’adultère, le mensonge, les arnaques, le désir, la solitude qui rend fou, le vrai sujet du film c’est le hasard et les coïncidences qui permettent cette intrigue à rebondissements. C’est d’ailleurs le seul reproche que je pourrais vraiment faire au film, l’accumulation qui fait que la dernière séquence paraît vraiment de trop et pas crédible (que quelqu’un me calcule la probabilité de cette situation…).

C’est un peu dommage de tomber dans la surenchère alors que le film avait été jusque-là plutôt fin dans sa gestion du suspens ainsi que dans le traitement de thématiques très diverses et parfois lourdes. Il reste un thriller divertissant, original par son grand écart entre les décors et par le mélange de ses sujets.

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