« Benjamin », as-tu déjà aimé ?

affiche-film-benjaminBenjamin galère avec la post-production de son deuxième film. Invité à une inauguration, il tombe sous le charme de Noah, un jeune musicien français.

J’avais un peu hésité à mettre ce film dans ma liste à voir du festival Chéries-Chéris 2019. Le résumé me parlait, mais la bande-annonce un peu moins. Finalement je me suis lancée, pour varier les nationalités des longs-métrages que j’allais découvrir. Ici le britannique Simon Amstell dresse le portrait d’un homme persuadé qu’il est insensible et ne saurait éprouver de sentiment amoureux. On ne sait pas s’il faut considérer ce personnage de cinéaste comme autobiographique, ou si l’auteur du film, également humoriste, ne se cache pas aussi bien sous les traits de Stephen, le meilleur ami plus déprimé que drôle.

Si l’on est tenté de chercher Simon Amstell sous les traits de ses personnages, c’est parce que le film démarre fort intelligemment par une mise en abyme. Alors qu’on croit découvrir Benjamin avec son compagnon, il s’agit d’une scène du film réalisé par le jeune homme, dans lequel il incarne son propre rôle, aux côtés d’Harry (Jack Rowan), étoile montante du cinéma.

Si le sujet principal du film reste la réflexion sur l’être et l’amour, j’ai aussi beaucoup aimé la partie concernant la création. Les affres du réalisateur sont retranscrites avec humour et vérité, du montage à l’avant-première devant des critiques. Ici comme dans sa vie privée, Benjamin (Colin Morgan de la série Merlin) est pris dans des atermoiements sans fin. Même son appartement, biscornu avec des marches entre la salle à manger et la cuisine, reflète son état mental perturbé par trop de questions existentielles. En même temps, c’est ce qui constitue le premier intérêt du film et le charme de ce personnage, maladroit, encombré de lui-même, empêtré entre franchise, désir, pudeur. Résultat : Benjamin parle trop, dit à peu près tout ce qu’il ne faut pas, dans des scènes de comédie rappelant les personnages d’Emmanuel Mouret, dont on ne comprend jamais comment, si piètres dragueurs, ils parviennent pourtant à leurs fins. Face à cet anti-héros lunaire, le jeune Français Noah (Phénix Brossard, vu dans Fiertés et à l’affiche de Little Joe) incarne une simplicité plus contemporaine. Il veut s’amuser, ne pas se compliquer l’existence, mais est finalement capable d’être assez clair sur ses sentiments et de faire évoluer ses positions en fonction de ceux-ci, là où Benjamin doit d’abord solder les comptes de la relation passée qui a donné la matière de son film, et ses doutes quant à sa capacité sentimentale.

Assez frais et actuel dans ses questionnements, le film de Simon Amstell m’a fait passer un bon moment, et se révèle plus proche d’une comédie romantique que les autres titres de la sélection.

Pour chavirer avec Benjamin, c’est au MK2 Quai de Seine le samedi 23 novembre à 19 h 55 ou au MK2 Beaubourg le mardi 26 novembre à 13 h 30.

affiche-festival-chéries-chéris-2019

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