« Fin de siècle » : « de ces vies qu’on ne vivra pas… »

affiche-film-fin-de-sigloÀ Barcelone pour quelques jours, Ocho repère Javi. Celui-ci lui révèle qu’ils se sont déjà rencontrés, 20 ans plus tôt…

J’avais été intriguée par le résumé du film de Lucio Castro qui évoquait une histoire d’amour à temporalité multiple, ce qui immanquablement m’a fait penser à Mon Inconnue, mon film doudou de l’année. En plus, j’avais envie de découvrir davantage le cinéma argentin depuis le si délicat Mon meilleur ami vu au premier trimestre. Ce film a donc été ma deuxième découverte du festival Chéries-Chéris.

Au départ, ce qui m’a frappée, c’est le silence. Pendant environ 12 minutes, pas un mot n’est prononcé. La caméra se contente de suivre Ocho (Juan Barberini) pendant son arrivée en Espagne. Ocho prend possession de son Airbnb, Ocho se promène, Ocho regarde les passants, Ocho va à la plage. Il se dégage de cette entrée en matière une sérénité et un calme qui s’accorde à la pureté de la photographie. Esthétiquement, j’ai trouvé le film vraiment renversant. Un simple plan du touriste sur la terrasse d’un monument devient une œuvre d’art. Et les gros plans ne sont pas en reste, en particulier celui où Ocho essuie la buée sur son miroir.

J’ai été si absorbée par l’analyse des images que j’ai un peu perdu le fil de l’intrigue, et là, ça se complique. En effet, au début, tout semble linéaire et évident : une rencontre, une aventure sexuelle qui ne doit pas durer, une conversation autour d’un verre durant laquelle chacun dévoile un peu de sa vie et de ses aspirations intimes avant de reprendre sa route.

Et puis le film bascule dans un flashback qui ne s’annonce pas, ce qui m’a fait patauger pendant un bon quart d’heure avant que je comprenne ce qu’il en était. Ocho et Javi se sont en fait déjà rencontrés il y a bien longtemps, mais le peu d’évolution physique des personnages rend complexe le suivi temporel de l’intrigue. J’ai eu l’impression de me reconnecter au film lors de la scène où les deux hommes boivent et dansent dans l’appartement de Sonia, qui rend leur relation plus profonde et attachante.

Mais je n’étais pas au bout de mes surprises. Le film a encore plusieurs twists dans sa manche pour égarer les spectateurs/trices. Plus l’intrigue se déploie, moins on parvient à se repérer entre passé et présent, réel et imaginaire. Très bien interprété, ce voyage dans les possibles d’une vie a de quoi sérieusement troubler et interroger. Si j’ai été un peu déstabilisée par le procédé comme devant Alabama Monroe par exemple (j’avais passé le film à tenter de remettre les scènes dans l’ordre), comprendre l’enjeu métaphysique et la portée onirique du film dans son dernier quart d’heure m’a touchée, et donné envie de rembobiner pour revoir l’histoire en essayant de mieux en saisir les tenants et les aboutissants.

Le long-métrage exigeant de Lucio Castro nécessite certainement d’être bien réveillé et concentré, mais si vous vous laissez embarquer par sa proposition audacieuse, nul doute qu’elle ne vous laissera pas insensible.

Pour explorer les possibilités d’une vie avec Ocho et Javi, rendez-vous au MK2 Quai de Seine jeudi 21 novembre à 22 h 10 ou au MK2 Beaubourg lundi 25 novembre à 15 h 50.

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