« Lady Chatterley » : « mon corps au fond des bois »

affiche-film-lady-chatterleyAlors que son mari Clifford tente de se remettre des séquelles de la guerre, Constance Chatterley se passionne pour les choses de la forêt et en particulier Parkin, le garde-chasse…

J’avais vaguement eu l’idée de voir ce film, plus jeune, pour son côté « sulfureux » ou du moins présenté comme tel, mais les 2h40 avaient eu raison de ma motivation. Cependant, à l’occasion de la première saison de la très chouette série Mytho, Arte a eu la bonne idée de proposer ce film avec Marina Hands dans le rôle principal.

Au début, j’ai plutôt bien aimé la photo, le décor de manoir, même si je n’ai pas trouvé que les personnages fassent très british, la forêt, le goût de Constance pour les bouquets et les oiseaux qui en font un genre de nymphe des bois ingénue. En réalité j’ai apprécié le film de Pascale Ferran jusqu’à ce qu’il entre dans le vif du sujet : la liaison de Lady Chatterley avec le garde-chasse. Je sais bien que le livre a déjà pour sujet l’opposition sociale des deux amants, et qu’il est même titré Lady Chatterley et l’homme des bois, mais pour ma part j’ai eu beaucoup de mal avec cette relation portée à l’écran, et ce pour plusieurs raisons. D’une part, j’ai vraiment peine à croire que Lady Chatterley, aussi naïve, naturelle et candide qu’elle soit, puisse éprouver un tel désir pour Parkin. Je ne veux pas avoir l’air insultante envers Jean-Louis Coulloc’h mais rien que la façon de le filmer ne le met pas du tout en valeur. Les gros plans sur les ongles sales de l’homme m’ont même mise très mal à l’aise. De plus, en admettant un intérêt charnel entre les deux personnages, on nous parle d’une histoire d’amour mais jamais on ne les voit vraiment discuter ou faire des activités ensemble, juste avoir des relations sexuelles, ce qui me semble un peu court pour envisager une relation solide comme cela devient le cas. Pire, pendant une très grande partie du film, les deux personnages ne s’embrassent même pas et la femme est totalement inerte et silencieuse lors des rapports, alors que l’homme témoigne bruyamment son plaisir. Je ne dis pas qu’elle n’est pas consentante, mais en tant que spectatrice j’ai vraiment trouvé ces scènes à peu près tout sauf érotiques.

Forcément, à partir du moment où je n’adhérais pas au couple principal, le film m’a paru longuet. Quelques scènes sortent du lot : le joli travail esthétique sur la Riviera, les larmes de Constance face à la confiance d’un poussin, l’entêtement absurde de Clifford avec son fauteuil roulant électrique, les confidences de l’infirmière sur son époux disparu. En revanche les délires hippies de Constance façon courir nue sous la pluie et se rouler dans la boue ont eu raison de ma patience (d’autant plus quand ils sont filmés de manière peu réaliste avec deux petites taches de boue comme résultat).

Sur le thème de la différence sociale dans un couple, je préfère largement Partir ou Pas son genre, même si je les trouve imparfaits. Au moins sonnent-ils plus justes et vrais. Cela dit, il y a un intérêt que je ne renierai pas à l’histoire de Lady Chatterley : celui de montrer le parcours d’une femme qui s’émancipe, qui choisit d’assumer son désir et son envie de vivre quand bien même ceux-ci ne seraient pas conforme à ce qu’on attend d’elle.

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