« Debout sur la montagne » : ensemble, c’est tout

affiche-film-debout-sur-la-montagneÀ la mort de Pierre, le frère d’Hugo, Bérénice et Stan rejoignent leur meilleur ami d’enfance dans le décor de leurs jeunes années pas si insouciantes…

Je n’avais encore vu aucun des films de Sébastien Betbeder, même si j’avais envisagé de découvrir plusieurs d’entre eux. Je suis partie voir Debout sur la montagne totalement à l’aveugle, n’ayant aucune idée de l’intrigue, mue par la simple envie de revoir à l’écran trois jeunes acteurs que j’avais bien appréciés précédemment (Izïa Higelin dans Samba, Bastien Bouillon dans Le mystère Henri Pick, William Lebghil dans Première année). La mayonnaise allait-elle prendre entre ses trois talents que je n’imaginais pas forcément partager une affiche ?

Rapidement, j’ai été assez déçue. Je trouve que l’alchimie entre les trois ne fonctionne pas bien à l’écran, et c’est sans doute en partie une question d’écriture. Très vite, on pressent un rapprochement entre Hugo et Bérénice, et Stan devient une sorte de side kick rigolo avec son arc narratif à part, qui se rattache au reste de façon assez artificielle. Le traitement de sa maladie (il est schizophrène paranoïaque) m’a dérangée : on a l’impression d’un prétexte employé pour faire entrer le fantastique dans le film. Au travers de rêves bizarres et d’apparitions psychédéliques, Stan devient peu à peu un genre d’ange gardien de ses ami(e)s, comme si son accomplissement personnel était forcément secondaire (la preuve, il est réduit à une résolution capillotractée avec un personnage silhouette introduit comme en catastrophe pour combler un vide).

Globalement, l’écriture du film ne m’a pas convaincue car le scénario semble fait de pièces et de morceaux cousus ensemble à gros points comme un patchwork pas très adroit. On ne sait plus où donner de la tête entre les histoires des personnages secondaires qui n’ont aucune incidence sur la principale. À quoi servent Dimitri ou Baptiste dans l’histoire ? On ne sait pas bien, mais ils sont là, ils prennent du temps et de l’espace qui aurait pu être dévolu à mieux développer la psychologie des 3 protagonistes, qui restent assez superficiels. On ne sait pas grand-chose d’eux et d’elle au fond, si ce n’est qu’ils sont ami(e)s et cela semble la réponse à tout, comme si d’être à nouveau ensemble était une fin en soi qui dispensait le long-métrage de creuser davantage.

Parmi toute la galerie de personnages qui peuplent le village montagnard, le seul qui ait vraiment retenu mon attention, c’est Pierre (Jérémie Elkaïm), le grand frère disparu présent dans des flashbacks, dont l’histoire tragique persuada son cadet qu’il valait mieux renoncer à l’amour. Sa maladie tenue secrète, sa jeunesse passée à élever son petit frère après le décès brutal de leurs parents, son projet façon arche de Noé en font le personnage le plus intriguant du film. On aurait aimé en savoir plus sur lui, le côtoyer davantage qu’à travers ses apparitions fugaces et frustrantes. Finalement, le long-métrage que j’aurais voulu voir, c’est celui sur sa vie et non sur celle de son frère et de ses ami(e)s, beaucoup moins romanesques. Bref, je mettrai ma déconvenue sur le fait de n’avoir probablement pas saisi ce qu’avait voulu exprimer le cinéaste.

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