« Histoire d’Adrián Silencio » : la porteuse de cartable

couverture-livre-histoire-d-adrian-silencioCléo s’interroge sur ses origines. En s’expatriant aux Etats-Unis, elle emporte un cartable ayant appartenu à son grand-père et se plonge dans les souvenirs qu’il contient pour tenter de mieux le connaître…

Une fois n’est pas coutume, moi qui d’habitude choisis mes lectures en ne me fiant qu’à mon instinct, j’ai décidé de me laisser influencer. Pour découvrir la rentrée littéraire de Lattès, j’ai tout simplement demandé à mon contact de m’envoyer des romans qu’elle avait aimés.

C’est ainsi que j’ai reçu Histoire d’Adrián Silencio, contente de découvrir ce qu’Éléonore Pourriat avait à raconter à l’écrit (parce qu’à l’écran, je me souvenais très bien d’elle dans Nos enfants chéris, une de mes premières séries Canal).

Me fiant au genre énoncé du roman et au personnage de Cléo, l’héroïne traductrice, j’ai d’abord pensé avoir affaire à une fiction. Mais très vite, le niveau de détails et les documents photographiés qui enrichissent le livre m’ont perturbée. Je me suis retrouvée dans la même situation qu’à la lecture d’Une mère, etc. inconfortablement coincée quelque part entre réel et imaginaire. Pourquoi s’embarrasser du manteau de la fiction s’il s’agissait de raconter l’histoire de sa famille ? La question m’a travaillée, et j’ai eu beaucoup de mal à entrer dans le texte. Il faut dire que la plume de l’autrice ne m’a pas vraiment embarquée, avec ses métaphores autour d’Alice au pays des merveilles sans trop de rapport avec le sujet.

Je me suis accrochée, néanmoins, luttant contre l’impression de déjà lu. Après tout, une jeune femme sur les traces de ses origines, remontant le fil de génération en génération, c’était déjà le propos de Lucie Tesnière il y a moins d’un an avec le touchant Madame, vous allez m’émouvoir. Sauf qu’ici, à la place des deux Guerres mondiales (même s’il est question rapidement de la Seconde), c’est surtout la guerre d’Espagne et l’arrivée au pouvoir de Franco qui ont joué un rôle déterminant dans l’histoire de la famille Silencio.

À mesure que les photos rendaient plus palpable le portrait d’Adrián, j’ai commencé à moins peiner dans ma lecture. Le vrai déclic a eu lieu lorsque la quête s’étend aux vivants, Cléo décidant de tenter de retrouver les descendants de la branche madrilène de la famille. À partir de là, j’ai pris plaisir à suivre les étapes, les courriers, les préparatifs, la vie qui s’accélère en approchant du but. Plus de concret, moins de digressions, j’ai eu l’impression aux trois quarts du récit d’être enfin entrée de plain-pied dans le vif du sujet.

Il m’a fallu toutefois attendre les toutes dernières pages pour élucider totalement le brouillard de la frontière entre réalité et fiction. Le nœud du problème m’a émue, et c’est probablement en terminant le livre que j’ai vraiment pu me sentir concernée par une enquête qui jusque là m’avait laissée relativement indifférente. Je crois que si j’avais commencé ma lecture par l’épilogue, mon ressenti aurait été très différent, et je regrette un peu que le livre n’ait pas été construit autrement afin de donner d’emblée cette clé aux lecteurs/trices.

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