« Les hirondelles de Kaboul » : « aucun soleil ne résiste à la nuit »

affiche-film-les-hirondelles-de-kaboulÀ Kaboul, Mohsen et Zunaira rêvent d’un monde libre où ils pourraient enseigner et vivre leur amour et leur soif de culture au grand jour. Pendant ce temps, Atiq, gardien à la prison des femmes, voit son épouse mourir à petit feu d’un cancer…

Je n’ai pas lu le roman qui a donné lieu à cette adaptation, mais j’avais lu et vu Ce que le jour doit à la nuit du même auteur, qui ne m’a pas laissé beaucoup de souvenirs. Je n’étais pas forcément emballée par ce projet d’animation, mais la bande-annonce a su me charmer par la beauté de ses images.

Sur le fond, le sujet du film fait énormément penser à un autre film d’animation récent, le beau Parvana qui raconte l’histoire d’une petite fille en Afghanistan. On y retrouve des thématiques similaires : la dure vie des femmes sous le régime des talibans, l’interdiction pour elles de sortir seules, les emprisonnements, les dénonciations, la surveillance permanente…

La vraie différence, c’est qu’ici nous ne sommes pas à hauteur d’enfant mais d’adulte, ce qui permet d’aborder ces sujets d’une manière plus frontale et tragique. Aucun personnage n’est pleinement positif et lumineux, tous ont leurs failles, leur part d’ombre, ce que résume bien la remarque de Zunaira que j’ai choisie pour titrer cette chronique. Le régime des talibans impose tant de règles injustes qu’il fait ressortir en chacun ses plus mauvais sentiments, le poussant à commettre des actes immoraux ou à mal traiter son prochain. Ce qu’on retient du film, c’est la façon dont le régime pourrit tout, y compris les histoires d’amour et les espoirs des jeunes aspirant à une autre société.

J’ai vraiment apprécié la façon dont l’animation rend compte de cette ville fantôme, les décors sépia des boutiques et lieux culturels à l’abandon, les rues écrasées de soleil où suent les femmes cachées sous le tchadri, les personnages à la fois très stylisés et vivants dans leurs expressions. J’ai été particulièrement convaincue par l’interprétation de Zita Hanrot et Swann Arlaud en Zunaira et Mohsen, d’ailleurs c’est amusant de constater que leurs personnages empruntent des traits de visage et expressions à leurs interprètes. En revanche dans l’écriture je trouve que le film est un peu court : sur la condition féminine, j’aurais aimé voir Zunaira et Mussarat un peu plus développées, car finalement on voit beaucoup le personnage d’Atiq qui est celui qui m’a le moins convaincue.

Intellectuellement et émotionnellement, je n’ai pas été aussi emballée par ce film que je l’aurais souhaité, mais d’un point de vue esthétique, le travail d’Éléa Gobbé-Mévellec est absolument remarquable, et prouve que l’animation est un art riche et subtil.

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