« Je voudrais que quelqu’un m’attende quelque part » : le jour où tout a basculé

couverture-livre-je-voudrais-quelquun-m-attende-quelque-partUne échographie, un coup de volant sur l’autoroute, un rendez-vous, une sonnerie de téléphone, un ensemble de lingerie, un anniversaire surprise… autant de détails qui peuvent changer des vies.

J’ai lu ce recueil pour la première fois il y a une quinzaine d’années. Anna Gavalda a fait partie des auteurs/trices qui ont accompagné mon passage de l’adolescence à l’âge adulte, c’est-à-dire, en termes de lecture, de l’héroïc fantasy et Marc Lévy à la diversité de la littérature française contemporaine.

Ce livre-ci a eu un rôle particulièrement important : confirmer mon goût pour le genre de la nouvelle, et me prouver, à moi qui en écrivais adolescente, qu’on pouvait en publier, et qu’il ne s’agissait pas forcément d’un genre mineur.

Pourquoi en parler aujourd’hui, alors que je l’ai maintes fois relu en quinze ans ? Sans doute parce que cette relecture-ci a eu une saveur particulière, celle de la projection en images. En effet, le recueil d’Anna Gavalda a donné lieu à une adaptation libre pour le cinéma, attendue pour Noël. J’avoue que le projet m’a un peu étonnée : comment adapter en une seule histoire de famille ces textes courts qui n’ont rien à voir les uns avec les autres ? J’ai voulu relire à la lueur des premières infos dont je disposais sur le film, pour essayer de deviner à quoi m’attendre.

J’ai été une fois de plus frappée par la variété des nouvelles, à la fois dans leurs sujets et leurs tonalités. Les plus sordides (« Catgut ») ou choquantes (« Le fait du jour », « IIG ») côtoient les plus quotidiennes (« Petites pratiques germanopratines », « The Opel touch »), les plus cyniques (« Junior », « Cet homme et cette femme ») les plus romantiques et tendres (« Ambre », « Clic-clac »). Et au milieu, celle qui confère son titre au recueil, « Permission », dans laquelle un jeune appelé rentre du service militaire avec l’espoir d’être attendu sur le quai de la gare.

Même si je reconnais quelques facilités d’écriture que mon moi de 15 ans ne décelait pas (notamment l’abus de signes de ponctuation), je reste fascinée par la capacité de l’autrice à faire naître des personnages aux voix bien différentes et caractéristiques. Son sens du dialogue m’impressionnera toujours. J’ai l’impression à la lecture d’entendre les personnages s’exprimer, et il est évident que la voix de Sarah Briot qui fait tourner la tête du gentil comptable n’est pas du tout la même que celle d’Héléna qui veut revoir son amour de jeunesse une dernière fois, ni que celle de Fred le rockeur déglingué ou Jean-Pierre le VRP traumatisé. Ce qui m’a frappé également cette fois, c’est que dans ce qu’ils ont d’exceptionnels ou de quotidiens, les instants décrits dans ces textes sont tous des moments décisifs, des points de bascule. Qu’une rencontre donne lieu ou pas à une histoire d’amour peut changer une vie, de même qu’un appel téléphonique reçu au bon ou au mauvais moment, qu’un accident de voiture, qu’une agression… Derrière le besoin d’amour qui sous-tend la majorité des textes, c’est cette fragilité de la vie, qui peut basculer en bien ou en mal à chaque seconde, qui émeut.

Comment Arnaud Viard et son équipe ont-ils réussi à se dépêtrer de ces textes disparates pour en faire un long-métrage ? Lesquels garderont-ils et lesquels seront évincés ? C’est peu dire que j’ai hâte de le savoir.

6 commentaires sur “« Je voudrais que quelqu’un m’attende quelque part » : le jour où tout a basculé

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