« L’Outsider » : « on joue, mais moi j’ai trop joué »

affiche-film-l-outsiderJérôme Kerviel est embauché à la Société Générale. Il est fasciné par les traders et rêve d’en faire partie. Keller lui donne sa chance en faisant de lui l’assistant de son desk…

Je n’ai pas d’intérêt particulier pour le monde de la finance, loin de là, et n’avais pas suivi de très près l’affaire Kerviel à l’époque. En revanche j’aime assez les films sur les dessous du monde du travail en général, et c’est dans cette optique que j’ai eu la curiosité de regarder L’Outsider quand le film est passé sur France 2.

J’ai eu peur d’être perdue d’entrée de jeu par l’aspect financier mais l’entrée dans le film se fait plutôt en douceur, en compagnie de Jérôme qui débute dans la banque. Arthur Dupont est un bon choix pour le rôle, parce qu’on ne s’en fait pas l’idée d’un requin, grâce à une filmographie qui l’a plutôt habitué à des rôles de grande gueule agaçante mais pas méchante. Ici il apporte au personnage une forme de naïveté initiale qu’il va perdre petit à petit, et cette évolution est vraiment bien rendue dans le jeu du comédien mais aussi dans l’atmosphère de plus en plus oppressante et la photo de plus en plus sombre à mesure que le film avance.

Très chouette idée aussi, François-Xavier Demaison en trader. J’ai personnellement du mal à l’imaginer mais il a exercé ce métier dans une carrière antérieure et à l’écran il est ultra crédible en Keller, ce type qui coache son poulain à devenir le meilleur puis constate avec effarement que celui-ci a dépassé de beaucoup ses propres prises de risque.

Honnêtement à un moment le film m’a un peu perdue, à force de termes techniques et de scènes montrant les traders à leur desk, le nez rivé aux courbes sur les écrans. Je n’ai pas forcément compris tous les détails de leurs opérations boursières, et j’ai fini par trouver l’ensemble assez long et répétitif jusqu’à ce que l’étau se resserre autour de Kerviel, qui a risqué beaucoup plus d’argent que permis (si tant est que j’aie bien compris ce qui lui était reproché).

Ce que j’ai trouvé intéressant, c’est l’atmosphère bien rendue par Christophe Barratier (je n’aurais jamais imaginé que le réalisateur des Choristes s’embarque dans un tel sujet), les couleurs froides, les ombres qui semblent rôder dans les couloirs aseptisés, mais aussi les blagues trash, le côté boys club crade de ces hommes qui pensent que parce qu’ils manipulent beaucoup d’argent tout leur est permis.

Le film montre bien également le côté addictif de la prise de risque : Kerviel ressemble à un joueur de casino qui miserait toujours plus gros jusqu’à tout perdre. Après tout, parier sur les fluctuations du marché n’est pas bien différent d’une partie de roulette. Parcours d’un homme qui n’avait pas les codes et a fini par les éclater par appât de la réussite, le film est instructif en dépit de ses longueurs.

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