« Vita & Virginia » : l’amour comme un songe

affiche-film-vita-et-virginiaVita Sackville-West, écrivaine et mondaine, se rend à une soirée pour rencontre Virginia Woolf, dont elle admire le talent. Elle se prend de passion pour elle et décide de la séduire…

Honnêtement, je connais très mal l’œuvre de Virginia Woolf, dont je n’ai rien lu sinon de brefs extraits étudiés en cours. C’est davantage le personnage qui m’intéresse que son œuvre, en réalité. Mais surtout, si j’ai voulu voir ce film, c’est pour la promesse d’une belle romance lesbienne. En effet, alors que j’ai plusieurs romances gays avec des hommes dans mes films chouchous (dont sur les dernières années Call Me By Your Name et Love, Simon), j’ai jusqu’ici toujours été plutôt déçue par les histoires d’amour entre femmes que j’ai vues au cinéma (comme Carol), et cela me désole.

C’est donc pleine d’espoir que je suis allée découvrir le film de Chanya Button, en dépit d’une composante qui risquait de moins m’enthousiasmer : il s’agit d’un biopic. Certes, le film est avant tout l’adaptation de la pièce d’Eileen Atkins mais il n’en retrace pas moins une histoire entre des personnalités réelles des années 20. Côté réalisme de l’ambiance, je n’ai rien à redire. Les décors, costumes, la photographie, tout est extrêmement soigné. Le film est esthétiquement absolument sublime, chaque plan ou presque semblant composer un tableau. Il y a vraiment quelque chose de l’ordre de la peinture dans l’esthétique du film, dès le générique d’ouverture d’ailleurs, très travaillé. Je ne pensais pas que l’ensemble serait si beau, j’ai eu l’impression d’être au musée ! Les actrices (Gemma Arterton et Elizabeth Debicki) sont d’ailleurs bien choisies en termes de ressemblance acceptable avec les personnages mais aussi dans leur opposition physique qui permet de très beaux plans et des effets d’ombres et lumières intéressants.

Ce que j’ai particulièrement aimé également, c’est la façon dont le film plonge dans la psyché de Virginia lorsqu’elle est en proie à des crises d’angoisse ou d’hallucinations. Elizabeth Debicki joue bien le côté « hanté » du personnage et les effets spéciaux de ces scènes m’ont paru très réussis, nous entraînant dans une ambiance onirique. Il y a quelque chose d’éthéré dans le personnage, de très aérien, comme absente au réel, qui confère à l’ensemble du film l’impression d’un songe désincarné. C’est très joli, artistique et aussi littéraire, car les dialogues sonnent très écrits, et le film est parsemé de gros plans sur les lèvres des deux femmes récitant des extraits de leur correspondance.

Si esthétiquement j’ai été impressionnée, sur le fond, je n’ai malheureusement pas trouvé dans ce film ce que j’étais venue y chercher. Il est certes beau et intéressant, notamment dans les rapports des deux femmes avec leurs maris respectifs. Mais la romance manque pour moi terriblement de chair et de passion. Finalement la relation entre Vita et Virginia sert presque de prétexte à une réflexion sur l’art et l’inspiration, voire la sublimation. Intéressant d’un point de vue intellectuel, mais émotionnellement décevant.

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