« Conte d’été » : l’amour à la plage

affiche-film-conte-d-eteGaspard débarque à Dinard dans l’espoir de retrouver Léna. Il rencontre Margot, serveuse dans une crêperie, qui lui suggère de se consoler de l’absence de sa belle avec Solène… 

Après Conte de printemps et Conte d’hiver, je poursuis ma découverte de ce cycle de Rohmer avec Conte d’été. À l’origine c’est celui que j’avais le plus envie de voir, la faute à des citations aperçues sur Twitter.

De fait, ce film a un énorme atout à mes yeux : sa saison. Je me suis rendu compte en le visionnant que j’aime énormément les films estivaux, la plage, la mer, la lumière. Quand je fais le tour de mes films préférés presque tous ont en commun d’être tout ou partie filmés en été.

Une fois encore la magie opère sur moi dès les premiers plans sur les plages bretonnes et les premières balades dans la nature. D’abord esseulé et un peu sauvage, Gaspard (Melvil Poupaud jeune, je l’ai à peine reconnu) se lie avec Margot (Amanda Langlet, qui était déjà la Pauline de Pauline à la plage). Tous deux se livrent à ce que les personnages rohmériens savent faire de mieux : un badinage ambulatoire sur leurs amours de jeunes adultes. Évidemment, pour le/la spectateur/trice, il serait tentant de les apparier, mais ce serait trop simple. Lui doute de son pouvoir de séduction, probablement pour avoir le plaisir de se voir rassuré ; elle aime un homme parti au bout du monde.

De soirée en boîte en balade à vélo, on suit les personnages sur la côte bretonne avec un mélange d’exaltation et de langueur, une agitation hormonale post-adolescente qui se heurte aux empêchements de la suranalyse des sentiments. On retire de ces hésitations qui n’aboutissent à presque rien un plaisir mi-mélancolique mi-jubilatoire.

Et puis il y a la musique, cet étrange intérêt pour les chansons de marin, qui de la mémoire d’un ancien navigateur se muent en un morceau composé par Gaspard qu’il souhaite offrir comme preuve d’amour à celle qui voudra bien de lui. C’est l’occasion d’une scène en mer décalée et rafraîchissante où il est question d’une flibustière qui ne cèdera pas au premier venu sa liberté. Et de fait, face au velléitaire Gaspard, qui semble ne rien détester autant que de devoir choisir et affirmer ses désirs, les femmes, si elles peuvent sembler péremptoires ou capricieuses, versatiles ou inconséquentes, ne font en fait que ce qu’il ne réussit jamais à faire clairement : affirmer leur liberté, leur indépendance. Là où il geint de n’être pas aimé, elles préfèrent être seules qu’avec un homme qui ne réponde pas à leurs conditions. Sur le fond comme sur la forme, ce conte d’été avait décidément tout pour me séduire.

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