« Nevada » : le cheval et le prisonnier

affiche-film-nevadaRoman est emprisonné depuis 12 ans. Il est transféré dans une nouvelle prison qui accueille un programme de réinsertion basé sur le dressage de mustangs…

J’avais déjà aperçu Laure de Clermont-Tonnerre comme actrice (c’est l’occasion de rappeler mon amour pour Ensemble, nous allons vivre une très très grande histoire d’amour) mais j’ignorais qu’elle réalisait, et à vrai dire, ce qui m’a attirée vers son film, c’est d’abord son sujet. Avec son mustang au premier plan de l’affiche, Nevada s’inscrit dans un sous-genre cinématographique qui m’interpelle depuis l’adolescence, celui du « film de chevaux ».

En voyant s’afficher le nom de Robert Redford comme producteur exécutif au générique, on pense forcément à L’Homme qui murmurait à l’oreille des chevaux, mais ici, c’est plutôt Marquis, le cheval, qui vient souffler à l’oreille de Roman, le prisonnier taiseux qui a du mal à contrôler sa colère. Excellent choix dans ce rôle, Matthias Schoenaerts, toujours très bon, incarne un homme blessé par son acte criminel, qui a causé l’éloignement d’avec sa fille. Le parallèle entre l’homme et l’animal est frappant d’emblée : tous deux semblent sauvages et fougueux, refusant la compagnie des hommes, ruant contre l’enfermement et la contrainte. Il y a dans leur apprivoisement mutuel, qui ne va pas sans péripéties, quelque chose d’émouvant, d’une émotion simple comme souvent dans les rapports humain-animal lorsqu’ils sont bien filmés.

Le film rappelle d’autres réussites du genre : Spirit pour ces mustangs sauvages que les hommes persistent à vouloir capturer et dompter et ces superbes paysages désolés, The Rider pour les dangers de monter un animal encore peu dressé et la passion manifeste des hommes pour les chevaux, mais aussi tout ce qui les entoure (l’entretien du matériel, les spectacles…).

Même si le film se focalise sur la relation entre Roman et Marquis, les personnages secondaires sont crédibles et bien campés, de la jeune fille plus responsable que son père (Gideon Adlon), au dresseur en charge du programme (Bruce Dern), en passant par le prisonnier toujours souriant passionné de figures équestres (Jason Mitchell). Dans son traitement, le film a quelque chose de classique, mais sans être jamais vraiment surprenant, il réussit à nous attacher à ses personnages et à proposer une fin pas trop convenue.

Et puis il y a ce moment de grâce qui nous rappelle que ce programme de réinsertion existe réellement et que la plupart des prisonniers du film sont des anciens détenus de cette vraie prison du Nevada qui ont bénéficié de cette expérience de dressage : une chevauchée portée par une musique épique, droits et fiers, enfin dehors, sur leurs mustangs dont les crinières volent au vent. Parfois, les plans les plus simples et les plus silencieux sont les plus émouvants, et Nevada se passe bien souvent des mots pour nous toucher.

11 commentaires sur “« Nevada » : le cheval et le prisonnier

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  1. Eh bien tu vois, j’avais vu la bande-annonce il y a des mois de ça (je ne me souviens plus si je t’en avais parlé), et ça m’avait fait bien envie, mais ton opinion me conforte dans ma décision d’aller le voir ! Merci pour ton article !

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