« Rocketman » : « I’m still standing »

affiche-film-rocketmanReginald passe son enfance entre sa mère déçue, son père glacial, sa grand-mère encourageante et sa passion pour le piano. À la fin de ses études il rencontre le parolier Bernie et se trouve un nom de scène, Elton John…

On ne peut pas dire que j’aie attendu ce film avec ferveur, j’étais même assez persuadée que je n’irais pas le voir (je déteste presque tous les biopics). Mais l’avantage du club UGC, c’est que quand on n’a rien de prévu un dimanche à 18h, il y a toujours une « séance club » pour nous faire découvrir un film qu’on n’aurait pas forcément envisagé. C’est de manière aussi contingente que ça que je me suis retrouvée dans la salle pour Rocketman. Après tout, j’avais bien aimé Taron Egerton dans le premier Kingsman (moins dans tout ce que j’ai vu avec lui depuis) et je trouve « Your Song » magnifique, cela suffit, non ?

Oui, en effet, car ce sont les deux gros points forts du film. D’une part, le casting impeccable, depuis le jeune Reginald, futur Elton (Matthew Illesley) jusqu’au manager manipulateur (Richard Madden), en passant par la mère (Bryce Dallas Howard, vue dans La couleur des sentiments) et surtout, le tandem Elton-Bernie. Le chanteur et son parolier sont le jour et la nuit : Elton (flamboyant Taron Egerton, sacrément convaincant dans les scènes dansées et chantées) est excessif, dépressif, excentrique, alors que Bernie (Jamie Bell, à la jolie évolution) est la stabilité, la raison, la passion pour les textes loin des paillettes. Ce sont sans conteste les personnages les plus attachants dans un environnement assez sombre. Les parents d’Elton en particulier sont affligeants de médiocrité et d’incapacité à offrir à leur enfant l’amour qu’il ne cessera ensuite de rechercher sous toutes ses formes. Sur le fond le message final du film, délivré par « I’m still standing », est donc assez touchant.

D’autre part, la bande-originale est du tonnerre, sans surprise. On retrouve avec plaisir les grands tubes d’Elton John, dont je ne connaissais pour ma part que quelques chansons (dont « I’m still standing » grâce à Tous en scène où elle était déjà interprétée par Taron Egerton sous les traits du gorille Johnny), délivrés avec un certain panache et beaucoup d’énergie. Malheureusement je n’ai pour autant pas été complètement été emballée par les séquences musicales, non pas à cause du son (l’écoute de la bande-son après le film m’a confirmé que ce côté-là ne péchait pas) mais à cause de l’image.

En effet, j’ai été assez peu convaincue par l’écriture et la réalisation. Côté écriture, je trouve assez artificiel le raccord passé-présent à travers le groupe de parole, qui ne permet que des scènes moyennes, gratuitement tire-larmes, et nous sort de l’énergie du film. Quant à la réalisation, on voit bien que Dexter Fletcher n’a pas ménagé ses efforts, de même que son équipe technique et que les effets spéciaux. Tout est fait pour en mettre plein la vue, couleurs, lumières, chorégraphies auxquelles la caméra participe en tourbillonnant et multipliant les ruptures au montage. La débauche d’effets explose dans les scènes musicales comme avec « Rocket Man », pourtant un des titres forts du film, mais elle m’a paru par moments à la limite du ridicule. Je veux bien qu’il faille être aussi extravagant que le personnage dont on raconte la vie mais ici le résultat est un éparpillement assez peu inspiré à mes yeux. Au moins ce biopic aura-t-il réussi à éviter l’écueil habituel du genre : grâce aux prestations investies du cast et aux chansons, je ne me suis pas ennuyée.

9 commentaires sur “« Rocketman » : « I’m still standing »

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