« Retour de flamme » : l’herbe plus verte ailleurs ?

affiche-film-retour-de-flammeMarcos et Ana, mariés depuis plus de 20 ans, voient leur fils Luciano quitter la maison pour aller étudier en Espagne. Désemparés par l’absence de leur enfant, ils commencent à s’interroger sur leur couple…

Je suis tombée sur la bande-annonce de ce film en allant voir Gloria Bell, et pour une fois, je reconnais que la connexion avait un sens. En effet, Retour de flamme s’attache, comme le film de Sébastián Lelio, à suivre des personnages cinquantenaires et leur questionnement sur l’amour et le bonheur à cet âge.

Ici, c’est le départ du fils unique qui déclenche la crise. Alors que Marcos identifie un « syndrome du nid vide », les époux finissent par décider de se séparer, avec l’impression qu’ils risquaient de s’installer dans la routine (mais n’y étaient-ils pas déjà ?).

Après une première partie assez psychologique où le couple principal mais aussi leurs amis se questionnent sur les rapports amoureux et le vieillissement (faut-il mener une double vie ? doit-on quitter la mère de ses enfants pour sa jeune maîtresse ? peut-on envisager la paternité à nouveau ?), le film bascule dans la comédie alors que Marcos et Ana se séparent. Je dois dire que j’ai apprécié que ceux-ci aient l’honnêteté de se parler de leur mal-être et prennent des décisions d’un commun accord, sans que l’un trahisse l’autre. C’est ce qui les rend d’emblée sympathiques et donne envie de suivre leur évolution.

Côté réalisation, Juan Vera (jusqu’ici producteur) a beau revendiquer pas mal d’influences (Truffaut, Lubitsch, Woody Allen…), on ne peut pas dire qu’il y ait grand chose de notable. On remarquera simplement les scènes qui séparent les différents actes du film, avec les acteurs face caméra, et une très jolie scène divisant l’écran en deux, bleu et rouge, avec une chouette musique. Le reste est assez banal, malgré un joli soin apporté aux couleurs (l’appartement rouge qui abrite Béatriz – je ne vous dis pas qui c’est, vous aurez la surprise).

Si le film fonctionne malgré des petites longueurs, c’est surtout grâce au formidable tandem Ricardo Darín – Mercedes Morán. Tous deux stars en Argentine (on a pu le voir dans Les Nouveaux Sauvages et Todos lo saben et elle dans Carnets de voyage ou récemment L’Ange), ils incarnent un couple totalement crédible. De plus, leurs personnages réussissent à évoluer au fil du film : elle révèle une nature pétillante, qui aime séduire, et se lance dans les danses latines, semblant rajeunir avec le célibat, alors que lui se découvre beaucoup moins audacieux qu’il ne l’imaginait, plus casanier, attaché à l’ordre et aux beaux souvenirs. Même si le film n’explore pas trop cette piste, ce serait l’occasion de réfléchir sur les clichés associés aux femmes et aux hommes dans les couples. Au tout début, il lui reproche son sentimentalisme lorsqu’elle se replonge dans les photos d’enfance de Luciano au soir de son départ, et elle craint de devenir une des femmes dépressives avec lesquelles elle travaille. Mais finalement, c’est lui qui se retrouve attaché à tous les objets qui ont fait partie de leur quotidien et refuse de se séparer de leur appartement commun.

Une jolie chronique des relations amoureuses une fois les enfants devenus adultes, qui s’octroie quelques scènes désopilantes vers le milieu du film.

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