« Equals » : la maladie d’amour

affiche-film-equalsDans un monde où les humains sont modifiés génétiquement pour ne rien ressentir, une maladie réactive chez certains la capacité émotionnelle et sensuelle. Silas se rend compte qu’il est atteint…

Movie challenge 2019 : un film sensuel ou érotique 

De Drake Doremus, je n’avais vu que Newness, que j’avais trouvé joli mais qui ne m’avait pas tellement marquée sur le fond. J’avais pourtant Equals dans ma très longue « liste à voir » depuis plusieurs années, et j’avais hésité avec Ex-Machina pour la catégorie « un film se déroulant dans le futur » du Movie challenge 2019.

J’avais choisi le film avec Alicia Vikander sur les conseils de la twittosphère ciné, mais je restais curieuse de celui de Doremus que j’ai fini par rattraper. Un dimanche matin au petit déjeuner, je ne m’attendais pas à être aussi secouée.

L’univers dans lequel nous plonge le film n’est pas d’une grande originalité, on y retrouve des éléments communs à d’autres œuvres de science-fiction autour du monde du travail : les bâtiments et le système de surveillance et communication numérique rappellent The Circle, les systèmes d’accès et les bureaux font penser à la série Trepalium. Quant à l’interdiction d’éprouver des sentiments amoureux, cela m’a rappelé la deuxième partie de The Lobster. Sauf qu’ici, contrairement au film de Yórgos Lánthimos, les humains sont même biologiquement devenus incapables d’aimer… jusqu’au S.O.S., mystérieuse épidémie non-contagieuse qui rend aux êtres humains une capacité émotionnelle perdue depuis des générations.

J’ai adoré la façon dont Doremus filme la découverte des sensations et des sentiments de Silas. Nicholas Hoult est un très bon choix d’acteur pour ce rôle, son apparence assez lisse le rend presque robotique au début du film, et on le voit peu à peu d’humaniser. Les gros plans sur ses mains, son regard, l’eau de la douche… nous permettent de ressentir au plus près ce qui lui arrive. L’univers futuriste convient parfaitement à l’esthétique du réalisateur, à son goût des tons bleus, des couleurs froides et tranchées. Le directeur de la photographie John Guleserian réalise vraiment un travail magnifique. Cela va paraître simpliste comme formulation, mais je ne m’attendais pas à un film aussi beau. J’ai trouvé chaque plan parfait ou presque, les lumières et les couleurs sublimes, les gros plans empreints d’émotion.

Si le suspens qui se déploie dans la deuxième partie du film m’a un peu moins attrapée, j’ai surtout été fascinée par la retranscription de la découverte du désir puis de l’amour que vivent Silas et Nia. Je ne dirai jamais assez combien Kristen Stewart me bouleverse mais ici j’ai été particulièrement frappée par son intensité contenue. Nia réfrène ses émotions, mais lorsqu’elle accepte de se laisser envahir par elles, c’est une tempête qui l’emporte et lui coupe le souffle (et celui des spectateurs/trices par la même occasion). Les scènes en ombres chinoises sur la lumière bleue du réduit où les amants se réfugient sont vraiment parmi ce que j’ai vu de plus beau et sensuel au cinéma. Et comme je regrette que ce film n’ait jamais été diffusé en salles ! Comme j’aurais voulu voir ces images sur grand écran !

Je ressens en tout cas une vraie gratitude envers toute l’équipe du film pour m’avoir fait vivre une expérience cinématographique aussi intense, même chez moi, en pyjama devant mon ordinateur. Ce qui prouve que le sublime dépasse toutes les conditions matérielles pour nous toucher au cœur.

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