« Genèse » : premiers émois

affiche-film-genesePendant que Charlotte entre dans une relation libre avec son petit ami Maxime, son frère Guillaume se découvre des sentiments pour son meilleur ami Nicolas…

Parfois il y a des films qu’on va voir juste pour un nom au casting. C’est très exactement ce qui m’est arrivé avec celui-ci. J’avais encore en mémoire l’incandescence juvénile de Noée Abita dans Ava, un film qui vieillit bien dans mon esprit, et j’avais hâte de la voir s’essayer à un autre rôle.

Le film du Canadien Philippe Lesage est d’une beauté au moins aussi étrange que celui de Léa Mysius, bien qu’au premier abord il s’agisse simplement d’une chronique de type coming of age. On suit, en alternance, Charlotte (Noée Abita) et Guillaume (Théodore Pellerin), dont on comprend assez tardivement qu’ils sont frère et sœur, dans leurs premiers émois et leurs expériences sentimentales et sexuelles. Rien de très nouveau sous le soleil me direz-vous. Sauf que ces ados-là ont un courage assez peu commun pour leur âge, celui d’être tout entiers eux-mêmes, avec les risques que cela comporte : être déçu(e), se faire mal, être rejeté(e) ou même pire.

Lui est provocateur, drôle, grande gueule, populaire parmi ses camarades. Elle est espiègle, joyeuse, romantique et tendre. Et pourtant au fil du film et de leurs interactions avec leurs pairs, d’autres facettes de leurs tempéraments vont se révéler. Sous le masque de désinvolture de Guillaume, l’intensité d’une amitié mûrie en amour pour son meilleur ami. On ne sait pas très bien à quelle époque se situe le film (un indice tout de même, la présence de téléphones portables) mais on se doute bien que dans un pensionnat de garçons, une passion homosexuelle risque hélas de ne pas être facilement acceptée. Mais Guillaume emploie sa faconde au service de son courage et de sa sincérité dans une scène d’aveu public dont le mélange de sentiments qu’elle fait naître chez les spectateurs n’est pas sans rappeler la scène d’ouverture de Thunder Road l’an dernier.

Sous l’affection sincère de Charlotte pour son petit ami, qu’elle pensait au début du film aimer toute sa vie, transparaît une curiosité mutine qui l’entraîne dans les bras d’un homme plus âgé avec lequel elle écume les soirées alcoolisées et auquel elle donne sans réserve sa sensualité et son enthousiasme. On aurait envie de lui crier de faire attention, qu’il faut se méfier des hommes et que l’insouciance n’est pas sans risques…

Les trajectoires de ces deux jeunes gens incarnés avec intensité se mêlent et se croisent jusqu’à un épilogue étonnant. On y retrouve un protagoniste du précédent film du réalisateur, Les Démons, qui tombe lui aussi amoureux pour la première fois dans une colonie de vacances. Le rapport avec tout ce qui a précédé ? Pas évident, à première vue, on aurait plutôt l’impression d’un court-métrage bonus destiné à ne pas nous laisser sur une note trop amère.

L’ensemble compose une œuvre déroutante, qui n’hésite pas à nous remuer, à écorner ses personnages et à les malmener pour les faire grandir. Attention tout de même aux âmes sensibles au sujet des violences sexuelles.

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