« Easy Girl » : un peu facile

affiche-film-easy-girlPersonne ne remarque Olive au lycée. Jusqu’au jour où, pressée par sa meilleure amie, elle invente le récit de sa première fois. Dès lors sa réputation de fille facile est lancée…

Ce film figurait depuis fort longtemps dans ma liste à voir, et le fait qu’il soit au catalogue Netflix depuis peu m’a permis d’en entendre à nouveau parler régulièrement. Je me suis donc décidée à lui donner enfin sa chance.

Je ne m’attendais pas à ce que le film de Will Gluck soit vraiment plus qu’une comédie pour ados, même si j’espérais que le thème de la rumeur et de la réputation soit correctement abordé. Au début, j’ai plutôt bien accroché à l’histoire, aidée par des personnages secondaires déjantés et sympathiques tels que le prof de français Mr Griffith ou les parents d’Olive (Stanley Tucci – oui, je l’ai encore confondu avec Mark Strong – et Patricia Clarkson) et par le principe de chapitrage du film : on voit Olive se filmer avec des panneaux de texte annonçant les différentes parties de son histoire.

J’ai compati avec Olive au début du film, et j’étais toute disposée à adhérer au personnage incarné par Emma Stone. Mais assez rapidement j’ai commencé à prendre de la distance vis-à-vis d’elle et du film en général. Certes, sur le fond, il est intéressant d’aborder le sujet de la réputation au lycée sous l’angle du sexisme, et de montrer combien la société rejette les femmes qui vivent librement leur sexualité (ou qui semblent le faire comme dans le film). On voit bien à quelle vitesse les gens jugent, les ragots se propagent, et quelles réactions les rumeurs déclenchent dans l’entourage d’Olive. Cependant, si j’ai apprécié l’humour et la combattivité du personnage face à cette situation, je n’ai pas trouvé l’écriture très fine à ce sujet. Il m’a semblé que la psychologie du personnage ne tenait pas bien la route. J’ai eu beaucoup de mal à croire que cette jeune fille discrète, que personne ne connaît et qui ne semble pas dotée d’une confiance en elle hors normes (elle s’interroge sur le fait que quelqu’un voudra sortir avec elle un jour, comme beaucoup d’adolescentes), se mue soudain en une provocatrice à l’aise avec une image sulfureuse, qui se met à insulter ses camarades en classe, se découvre une garde-robe improbable faite de lingerie sexy et des talents de couturière pour customiser le tout. Cette soudaine assurance colle mal avec la jeune fille qui rêvait d’embrasser son ami Todd au collège, et se pâmerait encore pour un regard de sa part.

Quant aux autres élèves du lycée, ils sont dépeints à gros traits, donnant volontiers dans la caricature : la grenouille de bénitier obsédée par la virginité et son club de chasteté (on se doute bien que l’abstinence n’est qu’un vœu pieux chez certains), la meilleure amie qui n’est en fait qu’une commère déloyale, le gay, le gros, le faux gentleman qui ne pense qu’à coucher… Tous ces portraits sont vus et revus et cela m’a rapidement agacée.

Malheureusement je trouve que ce sujet n’a pas trouvé dans ce film la finesse de traitement et la justesse d’écriture qu’il aurait mérité. Dans le genre comédie pour ados, en termes de divertissement, j’ai préféré Ten things I hate about you ou même Lady Bird. Quant à la façon d’aborder avec finesse un sujet délicat concernant l’adolescence, autant aller voir les films de Jason Reitman tels que Juno et Men, women and children.

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