Derrière chaque grand homme se cache « The Wife »

affiche-film-the-wifeJoseph Castelman se voit décerner le prix Nobel de littérature. Mais cette récompense fragilise son mariage avec Joan et sa relation avec son fils David…

Discrètement sorti en e-cinéma en France, ce film a pourtant valu à son interprète principale, Glenn Close, un Golden Globe et une nomination aux Oscars (la statuette lui est passée sous le nez au profit d’Olivia Colman, exceptionnelle dans La Favorite). J’entendais parler de ce film depuis des mois (coucou Tinalakiller et ses pronostics pour les récompenses) et j’étais vraiment curieuse de voir ce qu’il en était.

Honnêtement, le film aurait largement mérité une sortie en salles. Son réalisateur, le suédois Björn Runge, n’est pas forcément très connu ni bankable, et la réalisation assez classique manque peut-être un peu de peps pour certain(e)s. Autre hypothèse qui a de quoi faire grincer : le sujet n’intéresse pas les foules.

Or, le sujet, c’est la reconnaissance des femmes dans le milieu littéraire, mais le cas peut sans problème être élargi aux milieux culturels voire à tout cercle professionnel (on n’est pas si loin du début d’On the basis of sex).

Sans en dévoiler davantage, on se rend rapidement compte que la Terre entière ne considère Joan que comme la « femme de » : des membres du comité du Nobel à son propre fils, qui n’attend sur sa nouvelle que l’avis paternel, se moquant bien que sa mère le complimente. Et malgré ses dénégations auprès du fouineur Nathaniel (Christian Slater, très bon dans le rôle d’élément déclencheur), on voit bien que Joan souffre d’être perpétuellement au service de son mari et dans son ombre.

Je n’ai pas lu le roman de Meg Wolitzer, je ne sais donc pas si les personnages sont fidèles à leurs originaux, mais dans le film il faut dire que Joseph (Jonathan Pryce) est vraiment détestable. Égoïste, imbu de lui-même, libidineux, immature et méprisant envers son fils, l’homme a tout pour déplaire (y compris dans sa version jeune, incarnée par Harry Lloyd).

En revanche Joan est touchante, et j’ai surtout beaucoup aimée ce personnage dans les flashbacks qui révèlent sa jeunesse et sa rencontre avec Joseph. Annie Starke, à peu près inconnue jusqu’ici, est lumineuse et on a envie de l’avertir qu’elle met le doigt dans un engrenage qui va la rendre malheureuse.

Douloureux et révoltant sur le fond, le film aurait probablement mérité une forme un peu plus percutante et audacieuse, mais recèle quelques beaux plans et traite honnêtement son sujet. Glenn Close y est touchante, mais on peut comprendre que l’Oscar lui ait échappé car ce n’est probablement pas la prestation la plus marquante de sa carrière.

4 commentaires sur “Derrière chaque grand homme se cache « The Wife »

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  1. J’avais vu la bande-annonce, je pensais qu’il sortait en salle. Je pouvais toujours attendre ! Bon, c’est noté, je vais donc tâcher de le trouver en streaming. Merci pour ton retour ^^

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