« Le grand blond avec une chaussure noire » : naissance d’un caractère

affiche-film-le-grand-blond-avec-une-chaussure-noireSoupçonnant son second de vouloir l’évincer, le chef des services secrets mandate son fidèle Perrache pour lui tendre un piège. Perrache choisit comme appât un quidam, François Perrin, qui porte un étui à violon et une seule chaussure noire…

Movie challenge 2019 : un film d’espionnage 

Créée par Tinalakiller, cette catégorie du Movie challenge était pour moi une des plus complexes à remplir cette année. En effet, je déteste aussi bien le personnage de James Bond que celui d’OSS 117 et très peu de films d’espionnage trouvent grâce à mes yeux. Hélas, j’avais déjà chroniqué précédemment le réjouissant The Man from U.N.C.L.E et les deux Kingsman (diversement réussis). En consultant des listes de films d’espionnage drôles (il me semblait que le côté parodique passerait mieux), je suis tombée sur Le grand blond avec une chaussure noire. Non seulement je ne l’avais jamais vu, mais j’ignorais totalement qu’il s’agissait d’une histoire d’espions !

Et pourtant c’est le cœur de l’intrigue : une guerre de pouvoir entre deux factions des services secrets français, l’une dirigée par Toulouse (Jean Rochefort), l’autre par Milan (Bernard Blier), qui instrumentalisent un homme lambda, choisi parce qu’il portait des chaussures de couleurs différentes (la raison en sera donnée assez tardivement dans le film). Le grand blond, violoniste naïf et maladroit, c’est Pierre Richard aka François Perrin. Avec ce film naît un caractère (comme on dit au théâtre), qui vivra sous les traits de différents acteurs (Pierre Richard, Patrick Dewaere, Jacques Villeret, Daniel Auteuil, Gad Elmaleh…) et sous le prénom de François, Perrin puis Pignon. Moi qui adorais La Doublure ado, j’étais contente de découvrir les origines du personnage.

Truffé de gags dus en grande partie à la maladresse et à la nervosité de Perrin, le film se regarde beaucoup plus comme une comédie que comme un thriller. Même si le risque que Milan décide de tuer Perrin est présent, le spectateur n’y croit pas une seule seconde, embarqué dans la folle journée du violoniste menée à la baguette par Yves Robert, qui orchestre un tourbillon où les personnages se croisent, se cherchent, se manquent, toujours grâce ou à cause des comportements imprévisibles du « grand blond ». Il y a un côté Mr Bean chez cette version de François Perrin, quand il crache des bulles ou se retrouve aux prises avec une cornemuse retorse.

Évidemment il ne faut pas chercher le réalisme ou la vraisemblance dans ce film à prendre comme les jeux des enfants : « on dirait que tu serais un méchant ». Que ce soit du côté du film d’espionnage, où les impacts de balle ne versent pas une goutte de sang, comme si on mimait la mort, sachant très bien que l’on va se relever l’instant d’après (thèse accréditée d’ailleurs par la disparition immédiate des corps), ou des relations humaines, où l’on passe du désir de tuer à celui de protéger en un claquement de doigts, et où la belle Mireille Darc (c’est dans ce film qu’elle porte la robe mythique qu’on peut admirer au Louvre) s’entiche d’un battement de cils du fantasque Perrin, qui cumule les maladresses durant leur rendez-vous (probablement la scène la plus désopilante).

Je ne sais pas si je suis réconciliée avec les films d’espions, mais en tout cas j’ai passé un bon moment et beaucoup ri devant ce film de 1972, ce qui mérite d’être souligné !

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2 commentaires sur “« Le grand blond avec une chaussure noire » : naissance d’un caractère

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