« Le mari de la coiffeuse » : fétichisme et peur de la fin

affiche-film-le-mari-de-la-coiffeuseDepuis l’enfance, Antoine est fascinée par les coiffeuses, et a décrété qu’il en épouserait une. Il trouve la perle rare en Mathilde, qui tient seule un salon de coiffure pour hommes…

Movie challenge 2019 : un film sorti l’année de ma naissance

Je n’avais aucune idée de ce que j’allais voir pour cette catégorie du Movie challenge, dans laquelle j’avais placé Edward aux mains d’argent il y a trois ans. C’est à la lecture de La Joie des larmes que j’ai découvert l’existence du film de Patrice Leconte, dont j’avais plutôt en tête de vraies comédies, ainsi que Confidences trop intimes, qui m’avait beaucoup plu ado. Qu’un de ses films, avec Jean Rochefort dans le rôle principal, puisse avoir une portée tragique tirant des larmes aux spectateurs/trices, voilà qui a suscité ma curiosité.

Le film commence de manière légère et lumineuse, avec Antoine enfant, qui danse de manière délirante sur de la musique orientale, profite de ses vacances en bord de mer malgré l’accoutrement dont sa mère l’a affublé, et nous raconte, en voix off, ses souvenirs de jeunesse. Car comme l’indique le titre, le vrai sujet du film n’est jamais la coiffeuse, en tant que personne, mais la projection d’Antoine sur cette profession qui le fascine, et pour laquelle il développe dès ses 12 ans un vrai fétichisme.

Sous des dehors amusants, accentués par le choix de Jean Rochefort dans le rôle, dont le regard pétillant et le grand sourire attirent nécessairement la sympathie, ce long-métrage est en fait moins léger qu’il n’y paraît. Car la coiffeuse qu’il demande en mariage, dont la pensée nous reste inconnue puisque nous adoptons le point de vue du narrateur, est en réalité plus qu’une belle plante qui accepte, de façon assez mystérieuse, de se marier à ce client. On sent en elle une mélancolie et une angoisse du temps qui passe et de la fuite du bonheur.

Je ne sais pas comment le fétichisme pour les coiffeuses et la demande en mariage passaient auprès des spectateurs/trices de 1990. Pour ma part j’ai trouvé cela assez malsain, suffisamment pour ne pas considérer le couple comme un modèle d’amour absolu, mais plutôt comme l’assemblage de deux personnalités pleines de failles, dont la volonté de vivre en autarcie avec l’autre révèle le dysfonctionnement.

Si la fin ne m’a pas fait verser de larmes, peut-être parce que je savais à l’avance qu’on en arriverait là, j’ai finalement préféré dans le film les scènes de pure comédie, notamment avec le ballet des client(e)s souvent bizarroïdes, et en particulier la scène avec le petit garçon qui ne veut pas qu’on touche à ses cheveux.

C’est un drôle de film que celui-là, plus qu’un film drôle à proprement parler, qui tente de mélanger les tonalités et où affleure la peur de la fin sous le goût de vivre, mais pas toujours de façon aussi subtile qu’on aurait pu s’y attendre.

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4 commentaires sur “« Le mari de la coiffeuse » : fétichisme et peur de la fin

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  1. Je suis tentée et en même temps pas tellement, c’est bizarre haha !
    Techniquement, je me demande si je ne l’ai pas déjà vu il y a quelques années.. Au moins en diagonale quand je vivais encore chez mes parents. Le nom me dit quelque chose, le résumé aussi mais ça coince quelque part x)

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