« Continuer » : semi-adapté

affiche-film-continuerSybille et Samuel effectuent un voyage à cheval au Kirghizistan : une solution trouvée par la mère pour éloigner son fils de ses problèmes, renouer les liens et l’aider à prendre conscience de la beauté de la vie…

Movie challenge 2019 : un film adapté d’un livre que j’ai lu

Après L’intérêt de l’enfant pour My Lady, j’ai lu fin 2018 le roman Continuer de Laurent Mauvignier afin de découvrir son adaptation par Joachim Lafosse au cinéma début 2019.

Si je m’appuie sur ces deux expériences, je crois que je devrais en déduire qu’il vaut mieux ne pas visionner les films adaptés des livres qu’on a lus. Ce qui n’est pas une vérité universelle, puisque j’ai parfois été convaincue par des adaptations (Le collier rouge l’an dernier, très honnête et fidèle), parfois jusqu’à les trouver meilleures que le livre d’origine (mes exemples préférés restent L’homme qui murmurait à l’oreille des chevaux et Un heureux événement).

Pris en lui-même, le film de Joachim Lafosse n’est pas inintéressant. On y suit un tandem tendu, composé de Sybille, la mère au bout du rouleau qui a choisi la solution de la dernière chance (Virginie Efira) et Samuel, le fils rongé par la colère (Kacey Mottet-Klein, qui a bien grandi depuis Keeper, même un peu trop pour le rôle à mon avis). Les paysages sublimes du Kirghizistan, très bien filmés, offrent de belles scènes muettes où chacun s’active dans son coin ou contemple ce qui l’entoure. Réussies également, les scènes avec les habitants croisés au hasard du voyage qui sont plus souvent des adjuvants avec qui s’amuser et boire que des dangers. Les acteurs font le job, on voit bien l’évolution de Samuel, même si celle-ci est en dents de scie, les efforts de sa mère, la violence qu’elle encaisse. L’amour du jeune homme pour les chevaux est probablement le plus émouvant dans le film, et j’ai particulièrement aimé l’ajout d’une scène de dressage équestre.

En revanche, si l’on compare le film au livre, le compte n’y est pas. Joachim Lafosse prend le parti de se concentrer uniquement sur le voyage, éliminant de fait tout l’avant, pourtant assez largement exposé dans le roman par Laurent Mauvignier, et à mon avis bien utile pour mieux cerner les personnages. C’est clair pour Samuel, dont la violence est ici réduite au divorce de ses parents et à une enfance chez son grand-père, effaçant des nuances intéressantes dans le livre (ce qu’on lui reproche est surtout d’avoir laissé commettre des violences par d’autres sous ses yeux). Ça l’est encore plus pour Sybille. J’avais beaucoup aimé dans le livre en savoir davantage sur le contenu de son carnet, comprendre son passé, cet amour fou disparu dans une tragédie collective, sa relation vouée à l’échec avec le père de Samuel, son désamour d’elle-même et de la vie, mais aussi sa passion pour les mots, son talent enfoui qui renaît au fil de ses notes de voyages. Je sais bien que c’est un parti-pris qu’a approuvé l’auteur, mais en tant que lectrice et spectatrice j’aurais sans doute préféré la version « plus psychologisante » qu’il souhaitait éviter.

Et puis cette fin, étrangement édulcorée dans le film, qui rate la violence du choc mais aussi l’évolution marquante de Samuel, et fait de l’ouverture aux autres un simple mantra au lieu d’une réalité. J’avais déjà trouvé dans À perdre la raison que la clôture se faisait trop rapide, il semblerait que cela fasse partie du style du cinéaste.

Un conseil donc : entre livre et film, mieux vaut commencer par le second pour éviter la déception d’une demi-adaptation.

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