Un premier film « Irréprochable »

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Constance rentre dans sa ville natale après plusieurs années à Paris. Au RSA, elle cherche à se faire ré-embaucher dans l’agence immobilière pour laquelle elle a autrefois travaillé, mais Alain lui préfère la jeune Audrey…

Je me souviens qu’à l’époque de sa sortie, la bande-annonce mystérieuse de ce film m’avait vraiment donné envie d’aller le voir, mais il lui est arrivé ce qui condamne une bonne partie des films estivaux : à mon retour de vacances, il ne passait plus.

C’est en rentrant de la projection de L’Heure de la sortie que j’ai fait le lien avec le premier long-métrage de Sébastien Marnier, le cinéaste également auteur de spectacles et écrivain… Impressionnée par son deuxième long, j’ai décidé de rattraper rapidement le premier.

Je dois dire que le titre colle assez bien au contenu, car je n’ai que peu de reproches à faire à ce premier film qui fait preuve d’une certaine maîtrise et d’un art de l’ambiance assez impressionnant pour un coup d’essai. Finalement, le seul point qui pourrait questionner provient de l’appellation « thriller ». J’avoue que j’ai tendance à associer ce genre à un certain suspens. Or ici, si l’on sent bien une tension parcourir le film, il ne s’agit pas tellement de deviner comment tout cela va finir, car j’ai anticipé le dénouement quasiment dès les premières minutes. Il faut dire que le comportement de Constance est d’emblée suspect, même si l’étendue de ses turpitudes est révélée progressivement.

J’ai trouvé Marina Foïs vraiment épatante dans ce rôle, à la fois par la subtilité de son jeu, sa capacité à se glisser dans la peau de cette femme qui ne se remet jamais en question et semble penser que tout lui est dû, mais aussi par ses performances sportives ! Constance va dans le mur, certes, mais en courant, et vite ! J’ai bien aimé cette métaphore sportive qui indique à la fois sa détermination, une certaine force du personnage que rien n’arrête, et en même temps l’idée d’une fuite en avant. Constance a quitté Paris, et qui sait quels démons elle y a laissés ? Mais son retour au bercail, qu’elle semble d’abord prendre pour une reprise de sa vie d’avant, se trouve contrarié par Audrey, la rivale professionnelle, à laquelle Joséphine Japy apporte une forme de candeur et de modernité bienvenue.

Dans un décor estival écrasé de soleil paradoxal et nuancé par des intérieurs en clair-obscur, Sébastien Marnier peint le portrait fasciné d’une femme perturbée et irrationnelle. Il lui donne une identité visuelle forte en la vêtant de sa garde-robe colorée et dépareillée d’adolescente, ce qui colle assez bien avec la vision du monde égocentrée de Constance, comme si les années ne lui avaient pas appris à composer avec autrui. Mais sous la trajectoire individuelle, se devine une critique du système qui a jeté à la rue cette ancienne agent immobilier et préfèrera toujours une jeunesse corvéable à merci. C’est fin, intelligent, et ça présageait assez bien de la claque que constitue L’Heure de la sortie.

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