« Maya », aller de l’avant en revenant sur ses pas

affiche-film-mayaGabriel, grand reporter, est libéré après avoir passé 4 mois comme otage en Syrie. Il retrouve sa famille et Naomi, sa compagne, mais éprouve rapidement le besoin de partir en Inde…

Movie challenge 2019 : un film qui m’a fait découvrir une actrice 

J’ai jusque-là eu un rapport un peu mitigé aux films de Mia Hansen-Løve : j’avais éprouvé devant Un amour de jeunesse et L’Avenir une forme de légère déception, l’impression d’être passée à côté de quelque chose, d’avoir manqué d’émotions, alors que sur le papier ces films m’attiraient beaucoup.

J’ai donc failli laisser passer Maya en me disant que je le rattraperais plus tard. Et puis j’ai regardé la bande-annonce, quand même. Et là, j’ai pressenti que j’allais rater quelque chose. Donc je me suis précipitée au ciné à mon retour de vacances pour l’attraper au vol avant qu’il ne quitte l’affiche.

Et j’ai bien fait. Ne serait-ce que pour les si beaux plans sur les paysages indiens qui méritent le grand écran. La réalisatrice quitte les décors européens pour filmer l’Inde avec beaucoup de respect et surtout pas un œil de touriste. Bien sûr, il y a des sites majestueux dont la beauté impressionne, mais aussi quelque chose de beaucoup plus quotidien, les maisons de Goa qui auraient besoin de rénovation, les petits chemins qu’on parcourt en scooter, la boîte de nuit du coin, les enfants du quartier qui viennent jouer dans le jardin… C’est comme si, en s’offrant un sujet beaucoup plus romanesque qu’à son ordinaire, la reconstruction d’un otage après sa libération, la réalisatrice pouvait tout à coup se permettre cette façon de filmer les choses simples sans que le spectateur ne s’ennuie.

Et puis, il y a ces personnages plus captivants, avec en tête Roman Kolinka, qui m’avait pourtant laissée indifférente dans L’Avenir. Ici, le rôle de Gabriel lui va comme un gant. Il rend vivant, crédible et attachant cet homme qui a vécu une épreuve mais décide d’aller de l’avant… et pour cela de retourner sur les lieux de son enfance. Après avoir retrouvé sa compagne (Judith Chemla, toujours délicate) et la France, il s’envole pour retaper la maison de ses plus belles vacances et retrouver sa mère.

Sur son chemin, un petit miracle : Maya, la toute jeune fille de son parrain, qui lui fait découvrir les lieux qu’elle aime et pour qui il se prend rapidement d’affection. Aarshi Banerjee, pour la première fois à l’écran, le transperce de sa candeur, de son amour de la vie, de sa bienveillance. Elle est la rencontre inattendue qui fait redémarrer la vie du journaliste, que ses ravisseurs avaient mise sur pause.

Moins bavard, plus sensuel que le précédent film de Mia Hansen-Løve, Maya est une douceur dont on sait bien qu’il faudra s’y arracher pour retourner affronter les embûches de la vie. À mes yeux le film que j’attendais de cette cinéaste, que je n’aurais pas imaginé m’emmener sur ce terrain-là, celui des corps qui renaissent sans les mots.

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3 commentaires sur “« Maya », aller de l’avant en revenant sur ses pas

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