« Demain » nous appartient

affiche-film-demainCyril Dion, Mélanie Laurent et leur équipe décident de partir sur les traces d’initiatives visant à changer la société pour plus d’écologie et d’équité.

Cela fait longtemps que j’avais ce film dans ma liste à voir et j’ai profité de l’actualité, avec le mouvement #Onestprêts et la pétition qui circulait fin 2018 pour demander au gouvernement d’agir urgemment contre le réchauffement climatique, pour enfin me plonger dans le documentaire co-signé par Cyril Dion et Mélanie Laurent.

Clairement chapitré pour aborder les différents domaines qui s’entremêlent dans les questions écologiques (agriculture, économie, éducation, etc.), le film s’appuie sur un mode narratif de conversation : Cyril et Mélanie discutent, elle l’interrogeant et lui l’entraînant vers d’autres découvertes et d’autres rencontres. Ensemble, ils ont parcouru le globe (oui, en avion…) avec leur équipe pour aller à la rencontre de spécialistes, chercheurs, mais aussi acteurs locaux qui ont mis en œuvre des solutions. On aime le côté proche de l’humain qui ressort de la méthode, très pédagogique, mais aussi le ton résolument optimiste sur un sujet déchaînant régulièrement le catastrophisme. Ici, pas de paranoïa ni de déprime, plutôt un panel de petites solutions dont chacun peut s’emparer à son échelle : créer une monnaie locale dans sa ville, planter un potager de permaculture dans son jardin, repenser l’organisation de son entreprise pour fonctionner de façon moins polluante et avec plus d’équité et de coopération au sein de l’équipe… L’exemple de l’entreprise de Lille qui fabrique des enveloppes est le seul français mais pas le moins intéressant. Globalement, le film réussit bien à nous embarquer dans son élan, grandement aidé par la très chouette bande-originale motivante de Fredrika Stahl (dans un style assez proche d’Agnès Obel en moins mélancolique).

Ensuite, j’ai voulu voir Après demain, la suite du film réalisée par Cyril Dion sous la forme d’un numéro du magazine Infrarouge sur France 2. Et si j’ai retrouvé le côté dialogué avec Laure Noualhat et quelques exemples inspirants, j’ai été nettement moins convaincue par ce deuxième volet qui accentue les défauts du premier. À force de positiver, l’équipe en vient à occulter les limites et problèmes des solutions envisagées : on parle beaucoup d’éoliennes et de panneaux photovoltaïques, sans parler par exemple des centrales à charbon souvent complémentaires ou des problèmes liés à leur fabrication et recyclage. On découvre que plusieurs belles initiatives du premier volet n’ont pas vraiment survécu, ou ont évolué d’une façon qui pose des questions. Et pourtant, même si la voix féminine se veut piquante sur ces sujets sensibles, le réalisateur réussit à esquiver à chaque fois, semblant ne jamais remettre en question ni ce qu’il observe (auquel l’adhésion paraît parfois un peu naïve et précipitée), ni son propre rôle. On croit comprendre, entre les lignes, qu’il considère Demain comme le grand récit fondateur d’une humanité post-capitaliste, comme s’il avait lancé une révolution. Or quand on regarde autour de nous, même si nombreux sont les gens à avoir vu le film, on n’a pas forcément l’impression que tout a changé ni qu’il est temps de se reposer sur ses lauriers. Bref, j’ai été déçue par ce visionnage car j’ai trouvé que le mouvement initié par Demain avait perdu de sa fraîcheur et de sa lucidité. Dommage… Reste à chacun(e) de se lancer dans des initiatives lui redonnant de la vigueur !

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9 commentaires sur “« Demain » nous appartient

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  1. Je pense que je vais le visionner mais effectivement on en a entendu beaucoup parler mais est-ce qu’il y a eu des choses notables de mises en places, pas vraiment… Dommage en effet…

    1. Après bon je ne vais pas reprocher au cinéaste le fait que les gens n’aient pas forcément agi concrètement après avoir vu le film. Ça il n’y est pas pour grand chose. Mais je trouve que le bilan qu’il tire est un peu biaisé, ça ça m’embête un peu.

  2. J’ai vu que Demain et j’avoue avoir été déçue après tant de louanges. J’ai l’impression qu’on a plus souligné le projet en lui-même (basé sur du positif et tout ça) que le film en lui-même qui m’a paru interminable et assez confus dans son cheminement.

  3. je l’ai au ciné lors de sa sortie et j’avais apprécié la façon de tourner les choses, toujours en mettant les actions positives des citoyens. après demain est intéressant, mais il démontre surtout que sans appui politique, les projets écologiques ont du mal à sortir !

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