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Aydin et Nihal tiennent un hôtel en Anatolie et vivent avec la sœur d’Aydin depuis qu’elle a quitté son mari. Le fils d’un de leurs locataires brise la vitre de la voiture d’Aydin pour protester contre la saisie par huissier d’une partie des biens de sa famille…

Movie challenge 2018 : un film de plus de trois heures

Je l’ai beaucoup laissé entendre sur les réseaux sociaux, moins ici, mais cette catégorie du Movie challenge était cette année celle que je redoutais le plus. La preuve, je l’ai repoussée autant que possible jusqu’à me retrouver avec cet unique film à voir pour boucler le challenge. Et même à l’heure de lancer le visionnage, j’ai vraiment hésité à laisser tomber. Et pour cause : je n’aime vraiment pas les films longs (à part Boyhood qui fait figure d’exception). Ma durée idéale de film est autour d’1h40. Donc les 3h16 de Winter Sleep me rebutaient d’avance.

Clairement, sur une durée pareille, le film souffre de longueurs qui auraient pu être abrégées. Les dialogues entre les personnages, sur des sujets très intéressants et souvent assez philosophiques voire existentiels, ont tendance à tourner en rond. C’est notamment le cas entre Aydin et sa femme, qui prononcent jusqu’à trois fois les mêmes répliques au cours d’une même scène. Pour autant il ne s’agit pas d’un choix gratuit, mais d’une façon de mettre en exergue les problèmes d’incompréhension du couple. Ce qui unit les trois personnages qui vivent sous le même toit semble avant tout relever de l’habitude et de vieilles rancœurs mal soignées. J’ai beaucoup aimé la scène où Necla balance à son frère tout le mal qu’elle pense de ses articles car on y sent poindre une longue histoire de ressentiment.

Ce qui m’a le plus surprise, et qui a réussi à me faire apprécier ce long(loooong)-métrage de Nuri Bilge Ceylan, c’est l’esthétique du film. La photographie est vraiment sublime, qu’il s’agisse de plans d’extérieur panoramiques sur des paysages enneigés, de plans d’intérieur aux décors léchés et symboliques (les masques au-dessus du bureau de l’ancien comédien, le portrait de femme songeuse au-dessus du canapé où est installée sa sœur…) ou de gros plans à l’éclairage soigné. Il y a une sorte de contraste entre la rudesse du climat et de ces paysages atypiques et l’intérieur de l’hôtel à la décoration baroque et chargée et aux éclairages dorés.

Ce qui m’a finalement moins convaincue, c’est l’association de plusieurs histoires et thématiques dont j’ai parfois eu du mal à comprendre ce qu’elles venaient faire dans le même film. Et j’ai compris pourquoi en découvrant au générique de fin que le film est en réalité librement adapté de plusieurs nouvelles de Tchekhov (notamment « La dame » et « Les braves gens »). Il y a un côté puzzle dans le film, qui de lance sur une piste puis s’en détourne pour en suivre une autre, puis finalement fait réapparaître la première (c’est le cas de l’histoire du cheval qui reste finalement assez anecdotique). Le film aborde à la fois les relations entre Aydin, sa sœur et sa femme, mais aussi son rapport à ses locataires, ses conversations avec les clients de l’hôtel, et avec ses amis. C’est l’occasion de grands discours sur l’opposition au mal, la liberté, l’argent, l’écriture… Toutes ces thématiques sont intéressantes mais la « couture » entre elles manque parfois un peu de cohérence à mes yeux. Néanmoins le film m’a donné la curiosité de découvrir Le Poirier sauvage, le cru 2018 du réalisateur turc, qui dure… 3h08.

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