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affiche-film-breakfast-at-tiffanysL’écrivain sans le sou Paul Varjak emménage au-dessus de chez Holly Golightly, une jeune femme futile qui rêve d’un mariage avec un homme plein aux as. Les deux voisins se lient d’amitié…

Movie challenge 2018 : un film avec une actrice que j’adore

J’avais vu ce film pour la première fois il y a assez longtemps, probablement 6 ou 7 ans, et j’en gardais le souvenir d’un film-doudou, une pépite sucrée et acidulée qui m’avait fait passer un bon moment et m’avait donné à songer à l’amour.

C’est ma copinaute Tinalakiller qui me l’a offert en DVD lors de notre swap d’anniversaire au thème « Héroïnes ». Et qui de mieux que la grande Audrey Hepburn pour incarner une héroïne ? Certes, l’actrice a totalement le calibre du substantif, entre sa carrière et ses engagements humanitaires.

En revanche je ne suis pas certaine qu’on puisse en dire autant du personnage d’Holly. Présentée comme fantasque et futile jusque dans son nom (Go-lightly, littéralement : qui va à la légère), la jeune femme fait le bonheur de son entourage par sa candeur et son goût pour la fête. Elle est drôle malgré elle, comme lorsqu’elle ne se rend pas compte qu’elle transmet des messages codés pour le compte d’un mafieux. Grâce au charme de son interprète, Holly n’est pourtant pas qu’une belle coquille vide, on perçoit sa sensibilité notamment lorsqu’elle chante Moon River à sa fenêtre. Elle semble tiraillée entre ses rêves romanesques ou romantiques et son besoin d’argent qui lui ferait se jeter à la tête de n’importe quel homme riche qui accepterait de l’épouser. Et pourtant, à chaque fois qu’une occasion se présente, elle la fait échouer comme par une impulsion inconsciente.

Évidemment on devine très vite qu’il y aura une romance entre Holly et Paul, même si on ignore si elle aboutira ou sera simplement un potentiel non réalisé. La complicité entre les deux voisins permet au film de trouver son rythme de croisière autour de la journée où ils décident de ne faire que des choses qu’ils n’ont jamais faites. C’est clairement l’un des passages que j’avais gardés en tête et que j’aimais le plus dans le film, et je l’ai retrouvé avec plaisir. Blake Edwards est bon dans la légèreté imparfaite, dans un ton de comédie où pointe une once de mélancolie sur les vicissitudes de la vie et le temps qui passe. Ce qui n’empêche pas le film de se perdre par moments dans des gags un peu lourd comme avec M. Yunioshi (effroyable Mickey Rourke en Japonais, c’est là qu’on voit que le film date des années 60, une telle « yellowface » serait impensable aujourd’hui).

Même si j’avais gardé du film une image idéalisée, je passais plutôt un bon moment avec ce revisionnage, jusqu’à sa fin. J’avais souvenir d’une déclaration touchante et d’une belle scène romantique sous la pluie (ce qui est depuis devenu un poncif des romances). Sauf que le discours de Paul ne m’a pas du tout fait le même effet qu’autrefois. Attention SPOILER ALERT, mais il faut que je vous parle de cette fin et de l’amertume qu’elle a fait naître chez moi. Alors qu’Holly semble soudain se révéler comme une jeune femme pas si idiote et pleine d’un esprit d’indépendance (ce qu’on avait pu commencer à percevoir avec la visite de Doc), désireuse de conserver sa liberté, Paul lui assène son amour comme une chaîne, n’hésitant pas à affirmer qu’elle lui appartient, du seul fait des sentiments qu’il éprouve pour elle. Voilà le bel happy end qu’on proposait à une jeune femme dans les années 60 : au lieu d’épouser un homme riche qu’elle n’aurait pas aimé, elle va obtenir un homme pauvre pour lequel elle éprouve des sentiments… mais dont elle sera tout autant l’objet, comme un bibelot amusant qu’on exhibe.

Au moins, cette redécouverte m’aura permis de mesurer le chemin que mon esprit critique a pu accomplir en quelques années !

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