affiche-film-sauver-ou-perirFranck est pompier de Paris. Tout jeune papa de jumelles, il reçoit son habilitation à diriger une équipe en cas d’incendie. Mais sur son premier feu, il est victime d’un accident qui le laisse gravement brûlé sur les membres et le visage…

Les premières fois où j’avais entendu parler de ce film, alors qu’il était encore en tournage, j’avais été un peu dubitative. Et puis petit à petit je m’étais motivée à le voir, surtout encouragée par la présence d’Anaïs Demoustier au casting. De Frédéric Tellier, j’avais vu L’Affaire SK1 dont j’avais apprécié le côté réaliste. Je me disais donc qu’une plongée réaliste dans l’univers des pompiers pouvait être intéressante.

De fait, le film démarre bien, montrant le quotidien des pompiers qui vivent à la caserne, les séances de sport, le bal du 14 juillet, mais aussi les interventions. On reconnaît dans certaines des situations montrées le goût du réalisateur pour le trash et l’horrible (un suicide sous un métro en particulier), mais pourquoi pas, cela fait partie du métier.

Cependant j’ai assez vite senti que je n’allais pas adhérer complètement au film. Déjà parce qu’il m’a semblé comporter des incohérences, notamment dans la chronologie. Les filles de Franck et Cécile ne semblent pas grandir à la bonne vitesse par rapport au temps qui passe, ce qui m’a pas mal perturbée. Même le maquillage de brûlé de Pierre Niney n’est pas si extraordinaire, par moments on dirait qu’il a presque son visage habituel sous le masque transparent, et les cicatrices dans son cou ne sont pas toujours les mêmes.

Mais disons que tant que Franck est à l’hôpital, j’ai plutôt apprécié le film. Le spectateur est forcément secoué par la scène de l’incendie, très bien réalisée et immersive. Celle du cauchemar est aussi particulièrement réussie. J’ai bien aimé le personnage de l’infirmière (Chloé Stefani, que je n’avais pas vue depuis longtemps au cinéma – depuis l’Affaire SK1 en fait) qui rend justice à l’empathie et au dévouement des soignants dans ce type de services.

En revanche, une fois que Franck commence à se rétablir et sort de l’hôpital et que son couple avec Cécile se délite, j’ai été de moins en moins convaincue. Je trouve que les personnages principaux manquent de profondeur : avant l’accident, ils sont juste le petit couple parfait qu’on ne voit quasiment que s’embrasser devant la caméra, et après évidemment on se doute qu’ils vont se remettre ensemble. C’est bien d’avoir montré les doutes et difficultés de Cécile, mais je trouve que tout ne sonne pas juste dans l’écriture. Par exemple : on apprend incidemment que Franck se serait engagé comme pompier pour pallier l’absence de son père. Pourquoi ne pas avoir développé ce point avant son accident ? Cela l’aurait rendu plus humain et complexe. Alors qu’après, cela devient juste anecdotique.

J’ai vraiment des regrets concernant ce film car je trouve que le sujet était en or et le casting alléchant, mais j’ai l’impression que Frédéric Tellier n’a pas su quoi en faire, si ce n’est essayer à toute force de nous tirer des larmes, en s’appuyant sur une bande-son totalement insupportable d’exagération (pompière, c’est le mot !). Bref, pas le long-métrage qu’on retiendra dans une année très riche pour le cinéma français. Sur le métier de pompier, autant voir le plus sobre Les Hommes du feu.

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