« Un homme pressé », quand la langue fourche

affiche-film-un-homme-presseAlain Wapler, PDG d’une firme automobile, est toujours pressé. Jusqu’au jour où un AVC le cloue à l’hôpital. Mauvaise surprise à son réveil : la zone du langage et de la mémoire a été touchée, il doit travailler avec une orthophoniste pour récupérer…

Je n’avais pas spécialement prévu d’aller voir ce film, dont j’ai aperçu la bande-annonce en salles, mais c’est Flyingsparkle qui me l’a proposé et je me suis dit : « pourquoi pas ? ». C’est un des grands avantages de la carte illimitée que de pouvoir me permettre de découvrir sur grand écran des films que je n’étais pas forcément très pressée de voir.

Et ma foi, c’est un bon moment que j’ai passé devant le film d’Hervé Mimran, dont je n’avais pourtant pas aimé Tout ce qui brille (en co-réalisation avec Géraldine Nakache). Le film repose beaucoup sur les épaules de Fabrice Luchini. Qui mieux que cet amoureux des mots et adepte des tirades éloquentes pouvait se glisser dans la peau de cet homme sûr de lui et, il faut le dire, absolument détestable, qui du jour au lendemain ne peut plus articuler une phrase compréhensible ?

Là où le film est assez bon, c’est dans son traitement en douceur de ce sujet terrible qu’est l’accident vasculaire cérébral. On est bien ici dans une comédie, où les troubles du langage d’Alain Wapler vont servir à déclencher des scènes comiques à répétition. Pour autant, on n’a pas envie de se moquer d’Alain, qui devient sympathique à mesure que son handicap le fait évoluer dans son rapport aux gens. C’est quand il ne peut plus dire « merci » qu’il se met à dire « ci-mer » à tous les gens qu’il croise, lui qui se vantait auparavant de ne jamais remercier personne. C’est l’occasion également d’un regard acerbe sur le validisme de la société et en particulier du monde professionnel, dans lequel la différence est considérée comme une faiblesse et la faiblesse comme un bon pour la casse.

Face à un Luchini étonnant, dont le texte est tout de même parfois un peu chargé en jeux de mots, Leïla Bekhti continue sa mue, que l’on observait déjà dans Le Grand Bain il y a peu. L’actrice montre qu’elle peut jouer avec son image, être un personnage féminin à la fois fort et plein de failles, et faire rire. Son tandem avec Luchini est détonnant et fonctionne bien, de même que les scènes de pure comédie avec Igor Gotesman (le réalisateur de Five).

Il faut encore dire un mot de la fille d’Alain, avec laquelle il va renouer en étant contraint de rester chez lui. Rebecca Marder (de la Comédie française) campe avec finesse une jeune femme tiraillée entre l’amour pour son père et la révolte envers le comportement de celui-ci.

Malgré quelques facilités de scénario et un texte parfois un peu exagéré, Hervé Mimran gagne en finesse avec ce film qui porte un regard assez juste, me semble-t-il, sur les conséquences d’un AVC et la reconstruction des patients.

6 commentaires sur “« Un homme pressé », quand la langue fourche

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  1. À voir, donc. Comme toi, je m’aurais dit « pourquoi pas !? »
    Toutefois, j’attendrai qu’il soit disponible à la médiathèque numérique de ma ville 😉
    Merci pour ton avis clair et précis.

    1. Oui il ne nécessite pas forcément le grand écran, niveau réalisation il n’y a rien de visuellement fou, ça passera très bien sur ordi ou télé.

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