#MRL18 : Jamais deux sans « Trois fois la fin du monde » 

couverture-livre-trois-fois-la-fin-du-mondeLe jeune Joseph se retrouve en prison pour avoir voulu assister son frère Tonio dans un braquage. Jusqu’au jour où une catastrophe nucléaire lui donne la possibilité de s’échapper et de tenter de construire une nouvelle vie…

De Sophie Divry, j’avais lu et apprécié La condition pavillonnaire mais j’avais hélas manqué ses livres suivants. J’ai profité de l’opportunité des Matchs de la rentrée littéraire 2018 de Rakuten (Price minister) pour découvrir son nouveau roman en trois parties, Trois fois la fin du monde. Le titre fait bien de mentionner ces « trois fois » car en effet j’ai eu l’impression de lire 3 récits différents, qui n’ont pour point commun qu’un même personnage central, parfois narrateur à la première personne, parfois, semble-t-il, observé par un narrateur omniscient.

Qui dit trois récits en un dit donc trois chroniques en une :

« Une fois la fin du monde » : Candide en prison 

C’est un récit carcéral sous tension que propose Sophie Divry, d’autant plus traumatisant que son personnage n’est pas un voyon habitué des barreaux mais un jeune homme paumé, un « primaire » comme on dit dans le jargon local, qui se retrouve pour la première fois en taule et découvre à ses dépens les règles cruelles de cet univers. Parce qu’il a voulu faire preuve de loyauté envers un grand frère constituant sa seule famille, Joseph voit sa vie s’arrêter à 22 ans et tente de survivre dans l’enfer carcéral fait de coalitions entre détenus puissants et gardiens. C’est âpre, violent, révoltant.

« Deux fois la fin du monde » : les dents de la mort

Une brève nouvelle sert d’interlude entre deux mondes : l’univers clos de la prison et celui, totalement ouvert, dans lequel Joseph, devenu Jo, pourra se révéler. Cet entre-deux, c’est le basculement du monde occidental en même temps que celui de la vie du protagoniste. Une catastrophe nucléaire façon Fukushima et la France se retrouve divisée entre une zone sécurisée, au nord, et une zone sinistrée jonchée de cadavres, au sud. On y trouve quelques rares immunisés, parmi lesquels Jo, chanceux pour une fois. Profitant du faible nombre de surveillants restants pour assurer le transfert des prisonniers, Jo s’échappe et se planque dans une épicerie déserte qui lui fournit des vivres. Jusqu’au jour où un deuxième homme apparaît. Faut-il s’entraider dans ce monde dévasté ou bien considérer qu’il n’y a plus la place pour deux ?

« Trois fois la fin du monde » : il faut cultiver notre jardin

Le style se fait bucolique dans cette dernière partie, plus lyrique aussi, à mesure que Jo change. Seul homme à des kilomètres alentour, le jeune qui ne se voyait pas d’avenir découvre ses capacités insoupçonnées dans la solitude : son corps s’endurcit avec les travaux des champs, son esprit s’affine à échafauder des plans et lire des livres pratiques pour devenir un fermier accompli, son cœur fait la paix avec le passé et se découvre des aspirations de bon père de famille. Comme s’il avait fallu en passer par la disparition de l’espèce humaine pour que l’unique survivant au milieu d’une nature généreuse reparte sur des bases saines. On se prend à s’interroger : et si Jo trouvait une femme avec qui recréer une société idéale ? Ou s’il vivait ainsi en ermite entouré d’animaux façon Saint François jusqu’à la fin des temps ?

Mais l’homme est imparfait jusqu’au bout, et reste toujours capable de causer sa perte… Une fois encore Sophie Divry propose une analyse en finesse des travers et des espoirs humains, et malgré quelques longueurs, un parcours de vie original et captivant.

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