affiche-film-cold-warEn Pologne, pendant la Guerre froide, un compositeur remarque une jeune chanteuse et l’embauche dans sa troupe folklorique. Il entame une liaison avec elle et tente de la convaincre de passer à l’ouest avec lui…

J’étais motivée à voir ce film depuis Cannes et les bons échos qui m’en étaient parvenus. La bande-annonce, laissant espérer un noir et blanc léché et des chansons, m’avait plutôt convaincue qu’il risquait de me plaire. Enfin, mon entourage me l’avait vanté, j’avais donc toutes les raisons d’y croire.

Hélas ! Bien que le film de Paweł Pawlikowski ne dure qu’1 h 27, j’ai eu l’impression de passer au moins 2 h 30 enfermée dans la salle avec Wiktor et Zula. Dès le premier quart d’heure du film, j’ai perçu un problème majeur : tout ce qui peut sembler intéressant dans l’intrigue se déroule hors écran. Ce qui nous est montré ? Des scènes banales et répétitives. Beaucoup de chants, et malheureusement le son est problématique car il est très fort dès que les personnages chantent. Les « oy oy oy » de la chanson principale du film (qu’on entend au moins à 5 reprises) sonnaient comme le cri de douleur de mes tympans assaillis. Par ailleurs les scènes de spectacle sont cadrées très étrangement, avec une sorte de cadrage subjectif sur Zula, mais comme elle n’est pas au premier rang, la plupart du temps le spectateur ne voit juste rien (si, du mouvement, flou). Quant au beau noir et blanc espéré, il est plutôt fade avec des éclairages manquant de relief, à part deux ou trois plans (ceux de la bande-annonce, majoritairement).

Techniquement donc, on est loin du Ruban Blanc ou de The Artist (les films qui m’ont fait aimer le noir et blanc). Le montage n’est pas plus heureux : non seulement les scènes sont souvent coupées de manière abrupte au moment où elles auraient pu devenir intéressantes, mais elles débouchent sur des noirs de plusieurs secondes, de plus en plus récurrents au fur et à mesure du film. Et chaque fois ou presque, le film reprend sur une scène déjà vue (au hasard, des joueurs de jazz).

On me dira que je suis sévère, car tout de même, l’amour, la passion, cela mérite bien un peu d’indulgence. Sauf que je me demande encore comment certain(e)s ont pu voir des sentiments entre ces deux personnages froids comme des glaçons. Lui (Tomasz Kot) semble blasé de tout, elle (Joanna Kulig, qui ressemble bien trop à Léa Seydoux) manipulatrice. Bref, de l’ennui, du désœuvrement dans la Pologne d’après-guerre, probablement une incapacité viscérale au bonheur, voilà ce qui me paraît mouvoir ces deux personnages qui passent leur temps (ou plutôt celui du film, car ce qu’ils font hors des scènes montrées, on ne le sait pas) à passer d’est en ouest et vice-versa, histoire de bien se créer des problèmes. S’ils s’aimaient, rien ne les aurait empêchés de vivre ensemble à Paris. Mais cela n’aurait probablement pas été assez tragique.

Au stade de déception où j’en étais, j’ai eu l’espoir d’un gag sinistre lors du dernier plan du film (un son hors-champ aurait pu produire un effet d’humour noir non négligeable). Le pire étant sans doute que l’amie Flyingsparkle qui a subi cette séance à mes côtés ait eu la même idée. Preuve s’il en est que jusqu’au bout nous avons cherché, en vain, une idée à sauver dans ce long-métrage.

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