nos-bataillesOlivier, chef d’équipe, tente de combattre les injustices au sein de son entreprise, quitte à délaisser sa femme Laura. Jusqu’au jour où celle-ci disparaît sans explications, le laissant seul avec leurs deux enfants…

Depuis des années, Romain Duris fait partie des acteurs avec lesquels je n’ai aucun atome crochu. Je ne le déteste pas autant que Léa Seydoux (oui, c’était gratuit), mais disons que son nom dans un film me donne plutôt envie de passer mon chemin. Mais, comme avec Un petit boulot, mon goût immodéré du cinéma français social a eu raison de mes réticences.

Le belge Guillaume Senez, auteur du remarqué Keeper (que je n’ai toujours pas vu), s’inscrit ici dans la lignée d’un cinéma social réaliste façon Philippe Lioret (en moins bouleversant), Stéphane Brizé (en moins choc), ou Louis-Julien Petit (probablement la référence la plus proche). Toute la partie du film évoquant la lutte syndicale, les problèmes dans l’entreprise, les conditions de travail et les licenciements abusifs m’a clairement fait penser à Discount. Cependant cet arrière-plan n’est pas le sujet premier du film, et de nombreuses pistes qui auraient pu être creusées dans le film ne sont qu’évoquées sans être approfondies : qui dénonce les employés fragilisés à la direction ? qui a appelé l’inspection du travail et comment aura lieu la visite de celle-ci ? Autant de questions qui restent en suspens, car leur résolution importe peu semble-t-il au regard du thème premier du film : la famille d’Olivier.

Là où le cinéma regorge d’enfants livrés à eux-mêmes (le récent Gueule d’Ange par exemple) ou de mères célibataires dépassées, c’est ici un schéma un peu plus rare qui est développé : c’est la mère qui quitte le domicile familial sans laisser de mot ni d’adresse. Le film a l’intelligence de ne pas juger Laura, même si la mère d’Olivier fera remarquer qu’ « une mère n’abandonne pas ses enfants ». Si on a effectivement du mal à admettre cette fuite, on comprend bien que la jeune femme était malheureuse avec un mari toujours absent qui semblait la tenir pour acquise.

Si Romain Duris tient bien son rôle de père qui fait ce qu’il peut avec une situation impossible, j’ai surtout retenu les excellents seconds rôles féminins qui apportent au film des moments plus vivants, plus colorés, et parfois drôles : la touchante Laure Calamy, moins rigolote qu’à l’ordinaire, en femme souffrant d’un manque de considération de son entourage, et l’épatante Laetitia Dosch, la sœur volcanique mais bienveillante qui apporte sa folie douce à la maisonnée.

Malheureusement un peu noyé par l’afflux de très bons films français profonds cette année (Jusqu’à la garde, En guerre, Les chatouilles…), Nos batailles reste un drame bien mené et incarné.

 

 

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